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immigration |
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Sujet particulièrement
délicat, politiquement
sensible, aux retombées
diverses et multiples.
Et qui exige une
bonne information.
| lire la note spéciale de Françoise Schepmans, présidente du Parlement de la Communauté française |
| Députée bruxelloise et à la Communauté française, tout en étant d'origine marocaine, Amina Derbaki Sbaï lance de nouvelles pistes de reflexion... |
| . | « Beaucoup d’étrangers
ou de Belges d’origine étrangère reconnaissent que les politiques
d’intégration ont échoué dans ce pays. Principalement
concernant la population d’origine musulmane. Avec une nuance importante
pour les Marocains. Il faut savoir qu’il y a eu deux vagues d’immigration
marocaine en Belgique. Une première dans les années 60, une
seconde dans les années 70-75. Les premiers arrivés n’avaient
d’autre choix que de se noyer dans la population belge étant inférieurs
en nombre et n’ayant, de toute façon, pas d’autre choix. Tant au
niveau du travail que de l’enseignement pour leurs enfants. Pour d’aucun,
l’on pourrait même parler d’assimilés. La deuxième
vague, pour sa part, a rencontré plus de difficultés et au
niveau de l’enseignement de leurs enfants, cela n’a plus du tout été
identique. Les écoles poubelles n’existaient pas.
Comment expliquer cette différence dans une population culturellement identique ? La raison qui vient en premier lieu à l’esprit est d’ordre économique. Les Golden sexties ont assimilé bien plus facilement les travailleurs marocains, attirés de plus sur base de contrats de travail, qui n’ont pas eu trop de difficultés à trouver de l’emploi chez nous. Par contre, avec les premières crises du pétrole, les années 70 furent nettement moins aisées économiquement. Inévitablement les plus faibles et plus démunis se retrouvèrent dans le peloton des largués socio-économiques. Plus près de nous, l’apparition de mouvements religieux musulmans intégristes compliqua encore l’intégration dans notre société des jeunes souffrant d’un mal de vivre. Bref, aujourd’hui,
il est plus que temps de prendre le taureau par les cornes. Les récents
événements de Borgerhout nous l’ont brutalement rappelé.
Etant donné que pas mal de familles ne jouent plus correctement leur rôle éducatif, c’est à l’école, et dès le plus jeune âge, que les jeunes doivent apprendre à suivre les bons rails. D’où l’importance d’un réseau scolaire de qualité au sein duquel les ghettos n’auraient plus leur place. Lorsque je parle d’éducation, je veux dire qu’il faut à tous les niveaux augmenter la formation des jeunes. L’éducation est déterminante dans tous les domaines. L’insécurité par exemple. Il faut savoir que les jeunes, qui sont responsables de faits délictueux, n’ont le plus souvent pas terminé leurs études. En les éduquant mieux, en les formant professionnellement, on diminuera très sérieusement le risque de les voir chuter dans la délinquance. N’oublions pas que Bruxelles possède le plus haut taux de chômage des jeunes du pays. Un jeune Bruxellois sur trois de moins de 25 ans n’a pas d’emploi. Beaucoup d’entre eux sont d’origine étrangère. Et nombreux sont ceux qui sont happés par la délinquance. Plus redoutable encore est l’appel que leur lancent les intégristes religieux, passés maîtres dans l’art de la récupération. Voilà pourquoi il faut dès le plus jeune âge inculquer les valeurs premières d’une société saine. Et cela ne peut se faire qu’à travers une meilleure éducation à tous les niveaux. |
Amina
Derbaki Sbaï |
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