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L’origine d’Internet se situe dans le domaine militaire.
En
effet, en 1955, le Président Eisenhower annonçait l’intention des
Etats-Unis de procéder à la mise en orbite terrestre d’un petit
satellite. L’URSS déclarait alors poursuivre le même objectif. Les
américains travaillaient à la conception d’un lanceur sophistiqué à
trois étages, par contre les russes avaient adopté une approche plus
pragmatique en construisant un lanceur sur la base de quatre fusées
militaires.
Ainsi,
le 4 octobre 1957, l’URSS lançait son premier satellite Spoutnik
I. Ce sera l'une des attractions principales de l'Exposition
internationale et universelle de Bruxelles 1958.
Les
Américains étaient consternés, car ils éprouvaient le sentiment d’avoir
perdu l’invulnérabilité qu’ils avaient pensé acquérir lors de
l’explosion de la première bombe atomique, treize ans auparavant.
L’une
des premières réactions fut la création de l’Advanced research project
agency (ARPA) au sein du ministère de la défense, dont la mission était
l’application des technologies de pointe à la défense, afin d’éviter de
nouvelles surprises concernant l’avance technologique de l’ennemi.
L’ARPA,
dotée d’un budget important, devint rapidement le creuset de la
recherche technologique de la défense américaine tout en sous-traitant
une partie de cette recherche auprès d’institutions de haut niveau. Les activités initiales de l’ARPA portaient sur l’espace, les missiles balistiques et le nucléaire. Toutefois, dès le départ, l’informatique avancée était une préoccupation majeure. En
effet, l’ARPA était intéressée par la possibilité de communications
entre sa base opérationnelle et ses sous-traitants à travers des liens
directs entre les divers ordinateurs, notamment à travers un réseau de
lignes téléphoniques dont les intersections formaient des nœuds . En 1962, l’ARPA lança un programme de recherche sur ce sujet : l’Advanced
research project agency network (ARPAnet) dont l’objectif était de
concevoir un réseau efficient, capable de continuer à fonctionner même
en cas de défaillance de certains de ses éléments (nœuds). La
publication des premiers plans de l’Arpanet en 1966/1967 et la mise au
point d’un protocole permettant aux ordinateurs de communiquer :
l’interface message processor (IMPs)
en 1968, vont déboucher en octobre 1969 sur l’expérimentation de la
mise en liaison de deux ordinateurs situés respectivement sur les
campus d’UCLA et de Stanford. Peu de temps après, deux autres
machines situées dans les centres de recherche des universités de Santa
Barbara et de l’Utah s’ajoutèrent au réseau. Par la suite,
d'autres ordinateurs vinrent compléter le dispositif et parallèlement,
les équipes de recherche effectuèrent un important travail afin de
faciliter les échanges de données entre les différentes composantes du
réseau. En 1972, le réseau devient une réalité faisant fonctionner une quarantaine de sites. Ce
réseau était très basique, toutefois les principes sous-jacents de son
fonctionnement restent encore en vigueur de nos jours. En
effet, pour accéder à un ordinateur distant, il faut
pouvoir l’atteindre, ce qui suppose une liaison « physique »
réalisée en ce temps là, par le biais de lignes
téléphoniques à haut débit. Une
fois atteint, il faut convaincre ledit ordinateur de vous considérer
comme un individu derrière un terminal appartenant à son propre
système. Pour ce faire, un processeur de messages par interface
(IMP) est nécessaire et ce même processeur doit être installé sur
l’ensemble des machines. A partir de là, il devient possible d’accéder aux ressources de l’ordinateur distant. Bien
entendu pour des raisons de confidentialité et de sécurité, l’ensemble
des ordinateurs reliés opèrent une différenciation entre les ressources
en libre accès et celles qui sont protégées par un mot de passe. Si
l’on désire transférer un enregistrement vers son propre ordinateur,
l’ordinateur hôte utilise un programme pour découper ledit
enregistrement en paquets, attachant à chacun d’eux son adresse et sa
position originelle. Les paquets sont envoyés vers l’ordinateur d’origine où un programme « miroir » procède à l’assemblage en respectant l’ordre initial. Cette
procédure peut paraître lourde dans le cas d’un petit réseau comme
ARPAnet, mais elle allait s’avérer très efficace par la suite.
En
1972 ARPAanet est présenté pour la première fois au public lors d'une
démonstration effectuée au cours de la première conférence
internationale sur la communication des ordinateurs (ICCC). Cette
même année, on assiste à la mise au point d’un programme de courrier
électronique (e-mail, forme abrégée de electronic mail) permettant de
diffuser et recevoir des messages sur le réseau. C'est
en 1973 que l'on décide d'attribuer à chaque machine
connectée au réseau un numéro d’identification
unique appelé adresse IP. En
1974, une équipe de chercheurs présente la base technique fondamentale
d’Internet, à savoir ce qui allait devenir le protocole puis la famille de protocoles TCP/IP (transmission control protocol/Internet protocol). Néanmoins,
la mise au point effective de TCP/IP et son adoption
quasi-générale prendra plusieurs années. Au
cours de la période transitoire, de multiples techniques ont
été utilisées pour relier les sites. Ainsi,
en 1976, les laboratoires ATT Bell mettent au point le programme UUCP
(Unix to Unix Copy Program) qui fut largement distribué gratuitement
aux utilisateurs du système d’exploitation Unix. Ce logiciel permet d'échanger des données par modem via le réseau téléphonique. Grâce
à cette innovation, les utilisateurs Unix tissent le premier
véritable réseau universitaire planétaire. En
1979, sur la base du protocole UUCP, sera développé Usenet, un système
ouvert centré sur le courrier électronique, les listes de diffusion et
les news group. Parallèlement la firme IBM développe Bitnet
(Because It's Time Network) pour relier gratuitement les gros
ordinateurs de sa marque situés dans les grands centres de calcul
universitaires. Ce
programme sera ensuite étendu à l’Europe occidentale et
portera le nom de European academic research network (EARN). L’adoption
en 1983, par ARPAnet du protocole TCP/IP marque la naissance
d’Internet : un réseau des réseaux connectés, dédiés principalement à
la recherche et à l’enseignement, utilisant le même standard TCP/IP.
Le
développement du réseau a été fortement conditionné par les progrès
technologiques, notamment l’accroissement des capacités et des vitesses
des ordinateurs ont incité à l’expansion du système. Cette
expansion commença a générer des contraintes portant sur l’offre, étant
donné le nombre d’ordinateurs connectés ainsi que le volume du trafic
plus importants que prévu. Certains pensaient alors que le système pouvait se gripper. Toutefois, ce risque a pu être évité grâce à un certain nombre de d’évènements. Tout
d’abord, il s’agit de l’introduction en 1984 du système d’adressage par
domaines (DNS) qui a permis d’attribuer un nom et une adresse à chaque
ordinateur et par suite la constitution d’une liste aisément consultable. Ensuite,
la décision de plusieurs gouvernements d’encourager l’utilisation
d’Internet dans l’enseignement supérieur et la recherche a induit un
certain nombre de décisions cruciales pour le développement futur
d’Internet. Ainsi en 1984, le gouvernement du Royaume Uni annonce
la construction de JANET (Join academic network) pour desservir les
universités britanniques. L’année
suivante aux Etats-Unis, la National science foundation (NSF) décide à
partir de fonds publics, la construction de NSFnet, un réseau de
communication à haut débit, devant utiliser cinq « super ordinateurs »,
pour permettre à l’ensemble de la communauté
universitaire américaine d’accéder au réseau. Basé
sur les protocoles ARPAnet, le NSFnet a bâti la dorsale du réseau de
l'Internet pour les États-Unis, un service gratuit pour les
institutions universitaires et les chercheurs américains. Durant
la même période, des réseaux régionaux voient le jour pour relier la
circulation électronique d'entreprises privées avec la dorsale du
réseau national. A
la même époque, l’ARPAnet est scindé en deux
entités : MILnet réservé aux usages
militaires et ARPAnet dédié à la recherche. La création de NSFnet eut d’importantes conséquences. D’une part, elle permit de faire disparaître les goulets d’étranglement du système. D’autre part, elle entraîna le décollage de l’usage d’Internet. Il avait fallu une décennie pour que le nombre d’ordinateurs connectés atteigne les mille. En 1986, ce nombre s’élevait à 5.000 et l’année suivante 28.000. Enfin,
l’exclusion des usagers commerciaux de la dorsale suscita le
développement de fournisseurs privés de services
Internet. Malgré cette exclusion, les intérêts
des usagers commerciaux n’avaient pas été
négligés. En
fait, depuis plusieurs années les constructeurs d’ordinateurs et les
producteurs de logiciels avaient inclus les protocoles TCP/IP dans
leurs produits. De
plus l’information concernant le développement d’Internet se
trouvait disponible en téléchargement sur le
réseau. En 1987, la première entreprise commerciale de l’Internet est créée : Uunet. D’autres
vont suivre. A cette époque, la recherche de données sur Internet
s’avérait très complexe, la documentation disponible était
principalement scientifique avec une présentation spartiate et la durée
de transferts se révélait relativement longue. Les
aspects intéressant le secteur privé concernaient surtout
le courrier électronique, les news group, le chat et les jeux. Malgré
le début de l’exploitation commerciale d’Internet, le développement du
réseau des réseaux continuait à être piloté par le gouvernement et les
communautés universitaires et de la recherche. Internet
s’internationalisait de plus en plus mais NSFnet continuait à
être l’un de ses maillons les plus important. En 1990, il finira par absorber ARPAnet, vieux de 20 ans. Cette même année, le nombre d’ordinateurs connectés atteignait les 300.000. La
fin des années quatre-vingt et le début des années 90 vont constituer
une rupture dans le développement du réseau pour des raisons diverses.
Entre
1990 et 1993 on assiste à la création du world wide web (la toile
mondiale) grâce à un chercheur du Centre européen de recherche
nucléaire (CERN) situé à Genève, qui avec son équipe, souhaitait rendre
plus facile la création, l’accès et le partage d’informations entre
chercheurs notamment entre le CERN et le National center for computing
application (NCSA) situé dans l’Illinois aux Etats-Unis. Ces deux équipes vont initier le développement de la toile mondiale à l’aide de trois innovations. D’une
part le langage Hypertext markup langage (html) utilisé pour l’écriture
des documents permettant une normalisation des formats, d’autre part, l’Hypertext tranfer protocol (http) pour la transmission des pages web et enfin, un logiciel « client » pour recevoir, interpréter les données et afficher les pages. Cette
normalisation des interfaces, des formats et des protocoles a autorisé
un accès universel aux informations présentes sur la toile. La
création de la toile mondiale a été facilitée par la distribution
gratuite du premier logiciel interfaces Mosaic et des logiciels
serveurs.
Quelles sont les différences entre Internet et la toile mondiale (WWW) ? Tout d’abord, il convient de noter que la toile mondiale s’appuie sur le réseau Internet. Mais sur Internet on trouve des ordinateurs tandis que sur la toile, on trouve des documents multimédia. Par
ailleurs, sur Internet les connexions sont assurées par des câbles
reliant les ordinateurs tandis que sur la toile ce sont les liens
hypertexte qui jouent ce rôle. La toile mondiale permet une
vulgarisation de l’utilisation d’Internet en ce sens que même les
utilisateurs néophytes dans le domaine de l’informatique, peuvent
naviguer et profiter de l’information disponible sur le réseau.
Les
innovations précédentes, combinées à l’apparition sur le marché
d’ordinateurs personnels à des prix abordables, ont ouvert l’accès à la
toile à un nombre considérable d’internautes potentiels. De plus, elles ont permis l’apparition et la multiplication de sites web, notamment commerciaux. Principalement
en raison de l’ouverture du NSFnet aux utilisations commerciales
autorisée par la loi Boucher, votée par la chambre des représentants
des Etats-Unis en 1993, puis la privatisation de ce réseau en avril 1995. Cette
privatisation ne signifie pas pour autant l’assèchement des
financements publics qui, dans le cadre du High performance computing
act ont atteint 1,5 milliards de dollars pour la NSF, 600 millions pour
la NASA et 660 millions pour le Department of energy sur la période
1992/1996. Dès lors on assiste à une croissance exponentielle de la toile mondiale. En 1994, on comptait 3,2 millions d’ordinateurs connectés et 3.000 sites. Depuis,
le développement de la toile mondiale s’est révélé exponentiel. Bien
que l’évaluation soit délicate, le nombre d’utilisateurs d’Internet
était évalué à 359,8 millions en juillet 2000...
Si
la naissance d'Internet est généralement datée du
milieu des années 60, au moment où la technologie dite de
"transmission par paquets"
est inventée et développée jusqu'à arriver à la mise en place du réseau
Arpanet, il serait illusoire de vouloir comprendre la philosophie
fondatrice d'une technologie qui a révolutionné nos sociétés sans nous
replacer dans le contexte historique de sa naissance, et sans parler du
climat, et des hommes, qui en sont à l'origine.
Dès
l'origine, les personnages et l'histoire ont une importance qu'on ne
peut ignorer tant leur influence va décider des choix technologiques
qui seront faits et qui nous donnent aujourd'hui un réseau informatique
mondial totalement décentralisé, donc par définition presque impossible
à réguler, à diriger et à gouverner.
Nous sommes en pleine
guerre froide. L'Union Soviétique vient de lancer son premier Spoutnik
quand Eisenhower crée l'Agence des Projets de Recherche Avancée (ARPA)
dans l'espoir de retrouver une domination technologique perdue. Si l'une des
première missions confiées par l'armée américaine à l'ARPA est de
trouver une parade au risque d'une attaque nucléaire contre son
infrastructure de télécommunication, profitons de l'occasion pour
rappeller que la légende urbaine "Internet
a été inventé par l'armée américaine
pour résister à une attaque atomique" n'est qu'une toute petite partie de l'histoire.
Ce n'est là
qu'une des raisons, parmi d'autres, qui ont convaincu l'ARPA dépenser
des millions de dollars pour financer un projet mineur, celui de son
Bureau des Techniques de Traitement de l'Information (IPTO), créé en
1962 pour répondre à une préoccupation de l'armée, en collaboration
étroite avec 4 universités et plusieurs entreprises, dont la RAND
Corporation. Une raison parmi beaucoup d'autres, de bien plus
d'importance, tant techniques que politiques. Une politique et des
techniques décidées, imposées, voulues par les quelques hommes dont
nous allons étudier le parcours.
En tout état de cause, la
seule et unique mission que l'ARPA ait donné à l'IPTO était la
construction d'un réseau résistant reliant les principaux ordinateurs
du Département de la Défense, disséminés en 3 lieux différents. Rien d'autre
qu'un problème que la technologie de l'époque aurait pu résoudre sans
que jamais un objet tel qu'Internet ne naisse : -
Si la logique d'un réseau
maillé (qui permet à l'information de passer d'un point à un autre en
transitant par n'importe quel point intermédiaire ayant résisté à une
attaque) est en cohérence avec le but recherché, elle n'est pas utile
lorsqu'il ne s'agit que de relier trois points.
-
De même que l'utilisation de la "transmission par paquets"
(qui découpe le message en blocs pouvant suivre différents chemins
avant d'être regroupés à l'arrivée) répond aussi au besoin mais permet
aussi à plusieurs communications de se partager le même réseau "physique"
au lieu de le réserver à une communication unique
à un instant donné, ce qui ne faisait en rien partie du
cahier des charges.
Ces idées, proposées par
Leonard Kleinrock (doctorant au MIT en 1961) et Paul Baran (de la RAND
Corporation) suscitent d'ailleurs à l'époque de nombreuses réserves,
notamment parce qu'elles impliquent l'utilisation de télécommunications
numériques à une époque où même les ordinateurs sont analogiques. Mais revenons au contexte historique. Nous
sommes dans les années 60, en plein milieu de la guerre du Vietnam,
juste après l'assassinat de JFK, à une époque où les mouvements
pacifistes américains se développent, où de nombreux étudiants et
universitaires entament une reflexion sur la société qui conduira à la
création de nombreuses utopies, dans un climat de plus en plus
libertaire, notamment au sein de ces mêmes universités dont vont venir
les chercheurs impliqués dans le développement de ce que Marshall Mc
Luhan décrit en 1964 comme un "village global",
interconnecté par ce qu'il imagine déjà comme le
futur système nerveux de nos sociétés
elles-mêmes.
Le même Mc Luhan qui invente en parallèle la fameuse phrase "le medium est le message", en démontrant que la technologie d'un media a autant sinon plus d'importance que l'information qu'il transmet.
Et si Marshall
Mc Luhan n'a pas été impliqué directement dans l'invention de ce qui
devint l'Internet que nous connaissons, deux autres universitaires :
Norbert Wiener et Joseph Carl Robnett Licklider l'ont été à plus d'un
titre. Et compte tenu de leur parcours, il serait douteux qu'ils n'aient pas, au minimum, lu les ouvrages de de Mc Luhan. Et
surtout il faudrait être naïf pour imaginer qu'ils n'aient pas été
influencés sinon par ces lectures au moins par l'ambiance de guerre
froide et par la société, plongée dans une profonde reflexion sur son
avenir, dans laquelle ils vivaient.
Ces trois hommes ont donc,
en effet, étudié et extrapolé, ensemble (pour Wiener et Licklider) ou
séparément (Mc Luhan), les effets sociaux des technologies sur les
communications humaines. Norbert Wiener (plus connu comme inventeur du mot "cybernétique")
organisait, au sein du MIT, des sessions hebdomadaires de reflexion
réunissant scientifiques et ingénieurs autour de la question des
relations entre les hommes et les machines. Des réunions de 40 à
50 habitués dont J.C.R. Licklider a avoué (bien des années après) faire
partie, bien qu'il fut alors étudiant à Harvard.
De ces réunions, Jérome Wiesner (président du MIT) dit qu'elles ont amenés leurs participant "à croire au rôle universel des communications dans l'univers". Entamées
en 1947, elles ont perduré pendant des années, et leurs participants
devinrent pour la plupart des amis, et ont collaboré ensuite sur de
nombreux projets.
Or, J.C.R. Licklider, dont
on voit qu'il n'est pas un innocent dans le domaine de l'implication de
la technologie sur l'évolution des sociétés humaines (il avait
d'ailleurs rejoint, en 1950, l'équipe de Norbert Wiener au MIT), n'est
pas n'importe qui : après avoir publié le rapport "Man-Computer Symbiosis" (dont la conclusion prévoit que "dans
peu d'années, les cerveaux humains et les ordinateurs seront reliés
très étroitement, et ce partenariat permettra la création d'une pensée
nouvelle et d'un traitement des données sans rapport avec celui que
nous connaissons aujourd'hui"), il fut nommé premier directeur de l'IPTO en 1962.
Quoi d'étonnant
alors, si dès 1963, dépassant largement l'objectif fixé à l'IPTO par
l'ARPA, Licklider lança un projet de recherche au MIT (projet MAC) sur
les potentialités de communautés virtuelles basées sur des réseaux
d'ordinateurs, projet qui démontra vite que des inconnus situés en des
lieux différents étaient capables de nouer des relations virtuelles
uniques, et qui influença très largement les successeurs de Licklider à
la direction de l'IPTO. Quand, en
1966, Robert Taylor (largement influencé par Licklider et, comme lui,
chercheur en psychoacoustique) prit la direction de l'IPTO, il rêvait
de pouvoir se connecter, depuis n'importe quel terminal, à n'importe
quel autre site pour pouvoir en utiliser les ressources (ce qui, là
encore, dépassait de loin le projet initial et impliquait la
décentralisation totale du système). Et grâce à sa position au
Pentagone, il entama un puissant lobbying pour que le projet IPTO
s'engage dans cette direction plutôt que dans la simple liaison en
point à point des trois sites militaires.
En avril 1968, année dont
chacun sait combien les visions d'un futur utopique étaient puissantes,
Licklider et Taylor publient ensemble un article "l'ordinateur en tant qu'outil de communication". Fortement inspiré de Wiener, ce texte développe une vision "utopique"
de la communication et prévoit qu'en l'an 2000, des millions de
personnes seront interconnectées par un réseau global.
On y lit la notion
citoyenne de participation active, de créativité
décuplée par l'interaction, formant une "masse critique",
entre ces millions de personnes partageant un outil, un réseau de
communication global et décentralisé, disposant chacun d'un écran, d'un
clavier et d'une souris. On y traite de communautés en-ligne. On
y décrit, en bref, un objet qui n'existera dans les faits que 15 ans
plus tard et la description d'une société qui n'est la notre que depuis
une dizaine d'années, 25 ans après une description si précise qu'on
peut y lire (entre les lignes, certes) la façon dont fonctionnent les
outils antispam les plus récents.
La question qui le conclue,
en particulier, donne à ce texte une importance à nos yeux capitale, et
toujours d'actualité: savoir si l'impact de ce réseau du futur sera bon
ou mauvais pour nos sociétés. A ceci, Licklider et Taylor répondent qu'il faudra au minimum, pour éviter ce qu'aujourd'hui on nomme la "fracture numérique", faire de l'accès au réseau un droit, et surtout pas un privilège.
Cet article fournit un
cadre théorique et un argumentaire idéologique essentiels pour
l'émergence et l'essor d'ARPANET, nom donné au réseau sur lequel
travaille l'IPTO. En 1969, ARPANET était né. Et
dès 1970, après qu'une 1ère entreprise de télécommunication (Tymnet) se
soit engagée dans la voie de la transmission numérique par paquets, une
seconde entreprise commerciale (BBN, située à Cambridge et qui avait
construit les 4 ordinateurs servant de serveurs de messages pour
l'ARPA) fut le cinquième site à s'y connecter. Ce fut cette
entreprise qui s'engagea dans la voie de la l'exploitation commerciale
des réseau en fondant le projet Telenet, sous l'impulsion de Robert
Kahn, un jeune professeur de mathématiques en congé exceptionnel du
MIT.
En avril 1969, nous sommes dans une amérique plongée dans la lutte contre la guerre du Vietnam. Le mouvement hippie, né de cette mobilisation, est à son apogée. Trois mois plus tard aura lieu le concert gratuit des Rolling-Stones à Hyde Park, un mois avant Woodstock. Dans
toute l'amérique, un an après mai 68 (au moment ou, en France, De
Gaulle démissionne), partout des mouvements se créent, cherchant par
tous les moyens à se démarquer de la société de consommation, de ses
règles et de ses conventions.
C'est à la fin de ce mois
d'avril que Stephen Crocker, étudiant de l'UCLA, rédige la RFC numéro
3, complétée en juillet par la RFC numéro 10. Le mois précédent, en effet, le "Network Working Group"
(groupe informel formé par Crocker et réunissant en dehors de toute
directive hiérarchique quelques jeunes chercheurs, dont Vinton Cerf et
Jon Postel, travaillant dans la recherche sur les protocoles de
communication de serveur à serveur), avait adopté le principe
d'enregistrer, lors de ses réunions, toutes les remarques, commentaires
et propositions des participants. Les "appels à commentaires" (Request For Comment, RFC) naissent à cette occasion. Jon Postel en assure la diffusion auprès de toutes les personnes impliquées dans le projet ARPANET.
Un RFC, ainsi que le définit les RFC 3 et 10, est conçu comme un système de "documentation ouverte" : "toute
pensée, toute suggestion relatives au logiciel de serveur, écrites par
n'importe qui et sans respecter les règles de l'écriture scientifique
peut être publiée dans une RFC". Aucune direction n'est imposée,
aucun contrôle: la méthode de travail qui a permi Internet et continue
à ce jour d'en développer les futurs protocoles est volontairement
libertaire. L'objectif avoué était d'encourager la créativité et la communication entre les membres du projet. Mais,
né dans cette période si particulière de notre histoire, et grâce à
leur caractère ouvert, non-hiérarchique, souple et informel, les RFC
vont rapidement obtenir pas consensus un statut normatif, définissant
tant les normes de développement que les standards ouverts dont devront
se servir tous ceux qui voudront développer ou améliorer un nouveau
protocole (en publiant un nouveau RFC).
Il est à noter qu'un RFC, pour être publié, doit comporter un exemple "libre de droits" d'implémentation. C'est
sans doute là qu'on pourra trouver une des raisons principales du
développement parallèle des logiciels libres et de l'Internet.
Et c'est de ce "Network Working Group"
informel que va naître, en décembre 1970, le protocole NCP (Network
Control Program), ouvrant la voie au futur TCP/IP de Vinton Cerf et
Robert Kahn. Non seulement le langage qui deviendra la brique de
base du futur Internet, mais aussi et surtout les méthodes qui
dirigeront et dirigent encore son développement sont nés eu coeur même
d'un vaste mouvement libertaire, et sont de nature libertaire. Et c'est ce protocole et ces méthodes qui sont choisis pour être utilisés par ARPANET.
Deux ans plus tard, le "NetWork Working Group" (NWG) compte une centaine de programmeurs, et 15 sites sont connectés à ARPANET. Le NWG formalise et développe certains des outils que nous utilisons encore quotidiennement (telnet, ftp). Et
en octobre 1972, le NWG devient international, sous la direction de
Vinton Cerf, et devient INWG (International Network Working Group) lors
de la première conférence internationale sur les communications
informatiques.
Début 1973, Robert Kahn
(qui avait rejoint entre temps l'ARPA pour conduire des recherches sur
d'autres utilisations de la transmission par paquets, par radio et par
satellite), propose à Vinton Cerf de réfléchir à un protocole commun
permettant de relier les réseaux dont il a conduit le développement
(PRNET pour le réseau radio et SATNET pour le réseau satellite) au
réseau terrestre ARPANET, pour créer un "internet". Cerf,
à l'époque en contact avec Louis Pouzin qui, en France, avait développé
le projet CYCLADES (lui aussi basé sur la commutation par paquet) va
s'en inspirer largement pour ébaucher ce qui deviendra la brique de
base du réseau des réseaux : le Protocole de Contrôle des
Transmissions: TCP.
TCP n'entrera réellement en
fonction qu'en 1977, avec la démonstration de la mise en réseau d'un
camion roulant sur une autoroute américaine, relié par radio à BBN via
un satellite norvégien, d'où une ligne terrestre renvoie les paquets à
Londres, qui répond via le réseau SATNET disposant d'une station
terrestre en Virginie, qui peut ainsi retransmettre par radio vers le
camion. La
liaison entre ARPANET, le réseau radio et SATNET est ainsi
réalisée, démontrant l'efficacité de TCP. Il
aura cependant fallu attendre 4 ans durant lesquels 111 sites se sont
connectés à ARPANET : chacun utilisant des technologies hétérogènes
pour lesquels il a fallu développer, pour de nombreux systèmes de
conceptions différentes, les logiciels spécifiques en respectant,
toujours, les RFC.
Internet tel qu'on le
connait ne décollera vraiment qu'après qu'ARPANET cesse définitivement
d'utiliser NCP et passe entièrement sous TCP (qui entre temps a été
divisé en deux protocoles distincts mais complémentaires, TCP/IP), en
1982. Et il faudra attendre jusqu'en 1985 et l'intégration de
TCP/IP sur le système d'exploitation UNIX de l'université de Berkeley
pour que la majorité des fabriquants de qu'on appelait à l'époque
encore des mini-ordinateurs se mettent à implémenter ce système
d'exploitation, qui disposait de la capacité d'être relié à Internet de
façon native, et à les commercialiser largement.
Durant ces seize années de
développement de ce qui n'était au départ qu'une utopie libertaire, la
culture qui en était à l'origine s'était développée au point qu'il a
bien fallu reconnaitre et formaliser l'existence d'une réelle
communauté virtuelle, la première du genre, dont les principes sont
restés fondamentalement les mêmes et qui a résisté sinon à une guerre
atomique au moins à l'entrée dans le monde commercial de ce qui n'était
à l'origine qu'un outil destiné à l'industrie militaire et aux
chercheurs en informatique. N'importe qui
peut adhérer à l'Internet Society, formalisée sous forme associative en
1992 et dirigée par Vinton Cerf, qui gère l'IETF (Internet Engineering
Task Force), elle aussi ouverte à tous et dont le rôle est d'assurer
tant le bon fonctionnement que le développement des nouvelles
applications (sous forme de RFC) d'Internet. Il n'y a pas de "direction" d'Internet. Chacun
peut y participer, à tout instant, y apporter ce qu'il peut, donner son
avis sur ce qu'il veut, prendre la direction temporaire d'un projet
s'il le souhaite. Internet est, par essence et depuis son origine, ingouvernable et libertaire.
Dire que les
gouvernements, y compris le gouvernement américain, ont très largement
sous-estimé l'influence qu'auraient sur les sociétés classiques
l'existence d'une société virtuelle internationale sans gouvernement
est une litote. Et depuis 1995, année durant laquelle ils
entamèrent enfin, plus ou moins rapidement cette prise de conscience,
leur unique objectif semble être de maitriser un réseau dont l'origine
même est basée sur le principe de la décentralisation totale et sur
l'impossibilité de contrôler (ou de détruire) ses fonctionnalités. C'est dire la difficulté à laquelle ils doivent faire face dans leur tentative de "reconquète" de leurs pouvoirs sociaux et territoriaux historiques.
Deux des technologies à la
base d'Internet sont cependant centralisées par nature : le mode
d'adressage des ordinateurs connectés (IP) et le système de nommage
permettant d'associer un nom à une adresse IP numérique. On pourra
noter, d'ailleurs, que ces deux technologies auraient pu ne pas être
ainsi conçues, et qu'elle le furent à une période historique bien plus
récente et bien moins utopiste.
Il est donc tout naturel
que ces deux uniques points de centralisation soient l'objet d'une
bonne part des débats autour du thème de la "gouvernance" :
l'ICANN, est en effet très largement sous la surveillance du
gouvernement américain, qui a lui-même créé cet organisme destiné à
devenir sinon le futur "gouvernement de l'Internet",
au moins le lieu où les seuls technologies centralisées
qui permettent son existence puissent être dirigées. Et
si l'Europe fait son possible pour y avoir une influence un peu plus
grande, il est difficile de dire jusqu'où les USA accepteront de perdre
le peu de pouvoir qu'un gouvernement ait encore sur le réseau des
réseaux.
Reste que, notamment depuis
les attentats du 11 septembre, nombre de pays se sont dotés de lois qui
leur permette de réguler, un tant soit peu, les contenus et les
échanges qui échappaient jusque là aux limites imposées par exemple à
la liberté d'expression ou aux lois sur la propriété intellectuelle. En réalisant
la vision libertaire de Norbert Wiener, les concepteurs d'Internet (et
le nombre de technologies qui le composent et qui ont été
spécifiquement construites pour augmenter le pouvoir des communautés
basées sur le partage de l'information prouvent que ce n'est pas une
coincidence), n'ont tenu compte ni des notions de droit d'auteur (pour
eux, dont la thèse était que la diffusion la plus large possible de la
culture créerait toujours d'avantage de savoir et de création, le
contraire eut été surprenant), ni surtout du fait que si chacun pouvait
participer, alors le "droit à la liberté d'expression" présent
dans la plupart de nos constitutions deviendrait autre chose qu'un
droit théorique, limité dans les faits par la notoriété préalable ou le
pouvoir de celui qui s'exprimait avant l'arrivée d'Internet. Et, si les
premiers pays s'étant dotés de lois qui leur rend la possibilité de
surveiller leur population dans son usage d'Internet sont évidemment
les pires dictatures qui soient, il est à craindre que bien des droits
de l'homme soient un peu trop facilement ignorés, y compris par les
pays les plus avancés sur ce point, tant la structure même du réseau
des réseaux rend les structures de pouvoir antérieures caduques. A
moins de se transformer en dictatures les unes après les autres, nos
sociétés devront bien faire avec et admettre que la vision des
sociologues libertaires des années 60 est désormais une réalité à
laquelle il faudra bien s'adapter. Et que, quelque part, c'était bien prévu comme ça.
Le futur
Des
nouvelles techniques et des nouveaux services sont en train de naître
qui vont transformer le Web en un système de traitement de
l'information et de services à haute valeur ajoutée. Ainsi grâce,notamment, aux réseaux sans fils à haut débit fondés sur la technologie WiFi et Wimax, les grilles de calcul, les Web Services et les médias des masses, nous sommes en train de construire de proche en proche une toile sans fils (le MobilNet),
interconnectant à haut débit les ordinateurs, les PDA,
les pocket PC et les téléphones portables. C'est une révolution comparable à celle d'Internet qui s'annonce.
Une autre
révolution informatique s'amorce également dans les coulisses des
grands laboratoires et qui se répand rapidement à l'échelle de la
planète. Il s'agit du grid computing ou informatique distribuée, ou encore grille de calcul,
permettant de traiter des problèmes informatiques avec une puissance et
un coût inégalés, en partageant ordinateurs et équipements grâce au
réseau Internet à haut débit, utilisant bientôt la norme IPV6,
autorisant des milliards d'adresses pour désengorger le réseau. En
Europe comme aux États-Unis, cette informatique distribuée connaît un
succès croissant, notamment dans les secteurs des sciences du vivant où
la découverte de nouveaux médicaments dépend de l'efficacité à
collecter et à analyser de très gros volumes de données sur les gènes
et les protéines. L'informatique deviendra ainsi analogue à un service public de distribution payable par abonnement, comme l'eau, le gaz ou l'électricité. Dans
un proche avenir, le grid computing va se marier tout naturellement
avec les Web services et le peer to peer (P2P, échange d'information en
réseau, de particuliers à particuliers), donnant aux entreprise et aux
internautes une très grande puissance informatique. Les Web services vont radicalement modifier l'usage de l'Internet. Ils
représentent un moyen de répartir les traitements
à travers le Net et de mutualiser les services et les
applications. Si on ajoute à ces percées
technologiques les microgrilles, interconnectant des millions
d'étiquettes intelligentes (RFID), des biocapteurs, des PDA et des objets dans des environnements intelligents, on constate que les hommes sont en train de construire l'infrastructure informatique du XXIe siècle.
Grâce à l'Internet du futur, les internautes inventent aussi une nouvelle démocratie. Non pas seulement une e-Démocratie caractérisée par le vote à distance via Internet, mais une démocratie de la communication. Elle s'appuie sur les medias des masses,
et émerge spontanément, dynamisée par les dernières technologies de
l'information et de la communication auxquelles sont associés de
nouveaux modèles économiques. La création collaborative (logiciels libres), la distribution d'informations de personne à personne (P2P), ou les tags
permettant de suivre sur Internet des parcours proposés par d'autres
internautes, confèrent de nouveaux pouvoirs aux utilisateurs, jadis
relégués au rang de simples consommateurs. De nouveaux outils
professionnels leur permettent de produire et même de diffuser, des
contenus numériques à haute valeur ajoutée dans les domaines de
l'image, de la vidéo, du son, ou du texte, jusque là traditionnellement
réservés aux seuls producteurs de masse, détenteurs des mass media. Cette forme d'économie pose des problèmes culturels, politiques, sociologiques et économiques nouveaux. Les internautes, par l'utilisation des blogs, vlogs, wikis, podcasting, journaux citoyens, messagerie instantanée, téléphone mondial gratuit tel que Skype,…
en tant qu'outils de production et de distribution, créent un univers
commercial parallèle à celui des entreprises classiques. D'où les défis et les enjeux auxquels sont aujourd'hui confrontés entreprises et gouvernements. Ces nouveaux medias des masses,
vont en effet modifier la relation entre le politique et le citoyen et,
par voie de conséquences, avoir des impacts considérables dans les
champs culturels, sociaux et politiques.
Mais cette
évolution présente aussi de nombreux risques, spam, pirates,
espionnage, casinos, sites que la loi et la morale réprouvent, polluent
le Net. Le numérique va permettre de manipuler ce qui fait
l'identité même d'un individu : son image, sa voix, ses dossiers, ses
enregistrements. Le
risque de porter atteinte à l'intégrité des
données personnelles, à la vie privée,
impose une réflexion d'ordre éthique. Les risques sont grands d'aller trop loin dans la manipulation de l'image humaine. D'où l'importance du travail qui attend les juristes et les comités d'éthique. Un
des objectifs de la Cité des Sciences et de l'Industrie, notamment par
l'intermédiaire du Carrefour Numérique et de sa CyberBase, est de
contribuer à une co-régulation démocratique et citoyenne de la
civilisation du numérique, s'inscrivant dans un cadre infoéthique et
fondée sur des valeurs partagées respectant les droits et les libertés
de chacun.
Internet en 2020 ?
Pour
répondre à ces questions, le Pew Internet & American Life Project a
interrogé 742 experts spécialisés dans les technologies de
l'information, des analystes et futurologues, des chefs d'entreprise et
des responsables politiques. L'intérêt de cette enquête (« 2020 : The Future of Internet ») réside d'abord dans le choix de ces spécialistes. Lors d'une enquête précédente, certains avaient émis des prédictions justes. En
pronostiquant, par exemple, la naissance de sites comme Second Life,
sur lequel les internautes peuvent choisir des identités virtuelles et
se livrer à des activités sociales de plus en plus complexes.
D'autres avaient prévu
que l'association du réseau et du système de localisation par satellite
(GPS) permettrait de suivre pas à pas le déplacement de personnes
équipées de capteurs adéquats. Sans
surprise, la plupart des avis issus de la nouvelle enquête
estiment qu'Internet n'a pour l'instant montré qu'une « infime partie de son potentiel ». Mais le consensus s'arrête là. «
Ils sont bien d'accord pour dire que cette technologie va changer notre
vie, mais ils divergent sur l'impact social et politique de ce
changement », souligne Janna Anderson, auteur principal du rapport.
Il y a d'abord les inquiets. Paul Saffo, directeur de l'Institute for The Future, à Palo Alto, fait partie de ceux-là. Dépassant le cadre d'Internet proprement dit, il redoute qu'en 2020 : «
nos machines soient devenues vraiment intelligentes et surtout capables
d'évoluer rapidement. Au point de finir par nous traiter comme de
simples animaux domestiques ». Sans
aller jusque-là, Hal Varian, de l'University of
California-Berkeley, prévoit la fin pure et simple de la vie
privée : « Technologiquement parlant, cette notion sera devenue obsolète ». Un avis partagé par Marc Rotenberg, directeur de l'Electronic Privacy Information Center : « Nous sommes en train de construire des architectures de surveillance dont nous perdrons le contrôle », pense-t-il. Tous ne sont pas si alarmistes : « Nos agents intelligents vont nous libérer de nombreuses servitudes », pronostique Robert Atkinson, du Progressive Policy Institute. Plus optimiste encore, Alik Khanna, de Smart Analyst Inc., prévoit que : «
les réseaux deviendront la source générale d'apprentissage, une
plate-forme commune auprès de laquelle tous les citoyens seront égaux
»...
Au-delà des avis libres
qu'ont pu émettre ces personnalités, l'intérêt de l'étude porte sur le
fait que le Pew Internet & American Life Project cherchait
réellement à définir le paysage global d'Internet d'ici à la fin de la
prochaine décennie.
Pour y parvenir, l'organisme de Washington a soumis à ses sondés 7 scénarios sur le futur. Une majorité des personnes interrogées est d'accord avec quatre d'entre eux. Le
premier concerne le fait que le réseau, d'ici à quinze ans, sera devenu
universel, regroupant tous les réseaux existants, y compris ceux des
communications sans fil. L'authentification
et la facturation
auront été banalisées et sécurisées
et l'accès à cet Internet à très
haut débit sera devenu extrêmement bon marché. Près de 56 % des 742 participants à l'enquête partagent cette analyse.
Autre hypothèse largement
partagée : le fait que le Web abritera assez de mondes virtuels
suffisamment sophistiqués pour permettre une productivité
professionnelle grandement améliorée. Revers de la médaille :
l'efficacité de ce nouvel outil de travail augmentera encore la
dépendance d'un nombre croissant d'internautes, vivant de plus en plus
immergés dans ces univers virtuels...
Dans la même logique, ces
spécialistes d'Internet anticipent également le fait que nombre
d'individus seront capables de s'associer professionnellement de façon
virtuelle et de proposer leurs services à l'ensemble de la planète. Ce
scénario prévoit que le flot d'informations disponibles sur Internet va
conduire à l'affaiblissement des frontières entre Etats, des ensembles
progressivement remplacés par des villes-Etats, des groupes réunis par
une culture d'entreprise commune et, plus généralement, une
recombinaison d'organisations humaines regroupées cette fois en
fonction de leurs affinités électroniques...
Le quatrième scénario qui recueille la plus forte approbation (58 %) est aussi le plus inquiétant. Ainsi,
ces observateurs s'attendent à ce qu'en 2020 une frange importante de
la population qui aura été laissée de côté par ces cyber-technologies,
ou choisi de les ignorer, deviendront des refuzniks technologiques, rejetant la société de l'information.
Les plus radicaux d'entre
eux seront capables de commettre des actes de violence, voire de
terreur, pour s'opposer à l'émergence d'une telle société. Une
nouvelle forme de violence qui ne fera que s'ajouter à celles déjà
connues, liées aux conflits religieux, économiques ou politiques. « En devenant une infrastructure de valeur, Internet en lui-même va devenir une cible », prédit ainsi Thomas Narten, de l'Internet Engineering Task Force d'IBM, «
pour certains, la motivation sera une façon de montrer leur force, pour
d'autres il s'agira d'essayer d'en interrompre le fonctionnement,
précisément pour montrer l'impact d'Internet sur la société ». Plus
généralement, même si les nuances sont importantes, la plupart des
personnes interrogées ne semblent pas croire que les technologies de
réseau apporteront un monde où il fera mieux vivre. En revanche, elles ne redoutent pas autant les effets pervers de la technologie. Par
exemple, 42 % des sondés sont d'accord pour estimer que les agents
intelligents couplés aux techniques de surveillance et de suivi des
activités humaines échapperont à tout contrôle et provoqueront des
dangers et des dépendances tels qu'il sera impossible de revenir en
arrière. « Il y a certainement un risque, mais l'automatisation
des tâches réalisées jusqu'à maintenant n'a pas provoqué de telles
dépendances », souligne, confiant, Robert Kraut, du Human Computer Interaction Institute à l'université Carnegie Mellon.
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Chronologie
1957
L'URSS
lance Spoutnik, premier satellite artificiel de la terre. En réponse,
les Etats-Unis créent l'Advanced Research Projects Agency (ARPA),
l'année suivante, au sein du Département à la
Défense (DoD),afind'établir un avantage dans le domaine
des sciences et technologies
applicables à des fins militaires.
1961 Leonard Kleinrock, MIT: "Information Flow in Large Communication Nets" (31 mai)
- Premier document sur la théorie de la commutation par paquets - packet-switching (PS)
1962
- Le concept du Galactic Network (Réseau Galactique) englobe les interactions sociales partagées
1964
Paul Baran, RAND: "On Distributed Communications Networks"
- Packet-switching networks; no single outage point
1965
- Travail de l' ARPA sur "
le réseau coopératif d'ordinateurs à temps
partagé" – "cooperative network of time-sharing computers"
- Le TX-2 du MIT
Lincoln Lab et le AN/FSQ-32 du System Development Corporation (Santa
Monica, CA) sont connectés l'un à l'autre (sans commutation par
paquets) via une ligne téléphonique à 1200bps; L'ordinateur du Digital
Equipment Corporation (DEC) à l'ARPA y sera ajouté plus tard pour
former "Le Réseau Expérimental "
1966
- Lawrence G. Roberts, MIT: "Towards a Cooperative Network of Time-Shared Computers" (octobre)
- Premier projet ARPANET
1967
Discussions
sur la conception d'ARPANET conduites par Larry Roberts lors de la
rencontre de l' ARPA IPTO PI à Ann Arbor, Michigan (Avril)
Symposium ACM sur les Operating Principles à Gatlinburg, Tennessee (octobre)-
-
- Premier document
sur la conception de l'ARPANET publié par Larry Roberts: "Multiple
Computer Networks and Intercomputer Communication"
-
- Première
rencontre entre les trois équipes indépendantes
travaillant sur le réseau en commutation par paquets (RAND, NPL,
ARPA)
- Le National
Physical Laboratory (NPL) du Middlesex, Angleterre, développe le NPL
Data Network sous la direction de Donald Watts Davies qui invente le
terme de paquet. Le réseau NPL, une expérience de commutation par
paquets utilisait des lignes à 768kbps
- 1968
- Le réseau par commutation par paquets est présenté à l' Advanced Research Projects Agency (ARPA)
- Des
appels d'offres pour la participation à ARPANET sont
publiés en Août; Les réponses parviennent en
septembre.
- L'Université de Californie de Los Angeles (UCLA) obtient le contrat pour le Network Measurement Center en octobre
- Bolt
Beranek et Newman, Inc. (BBN) obtiennent le contrat de la Commutation
par Paquets pour construire l'Interface Message Processors (IMPs)
- Le Sénateur
Edward Kennedy envoie un télégramme de félicitations à BBN pour son
contrat d'un million de dollars avec l' ARPA pour l' "Interfaith"
Message Processor, et les remercie pour leurs efforts œcuméniques.
- Le Network
Working Group (NWG), dirigé par by Steve Crocker, loosely organized to
develop host level protocols for communication over the ARPANET.
(:vgc:)
- Tymnet built as part of Tymshare service (:vgc:)
- 1969
- ARPANET est mandaté par le Département de la Défense pour la recherche sur les réseaux
- Des Noeuds
sont établis en même temps que BBN met en place chaque IMP [mini
ordinateur Honeywell DDP-516 avec 12K de mémoire]; AT&T fournit des
lignes à 50kbps
- Noeud 1: UCLA (30 August, hooked up 2 September)
- Fonction: Network Measurement Center
-
- Système, environnement: SDS SIGMA 7, SEX
-
- Node 2: Stanford Research Institute (SRI) (1 Octobre)
- Network Information Center (NIC)
-
-
- Doug Engelbart's projet sur "L'Augmentation de l'Intellect Humain "
- Noeud 3: Université de Californie de Santa Barbara (UCSB) (1 Novembre)
- Culler-Fried Mathématiques Interactives
-
- Noeud 4: Université de Utah (Décembre)
-
- Diagramme des 4-noeuds ARPAnet
- Premiers Request for Comment (RFC): "Host Software" par Steve Crocker (7 Avril)
- RFC 4: Network Timetable
- Premiers
paquets envoyés par Charley Kline de l' UCLA en essayant de se
connecter au SRI. Le système se plante au premier essai en frappant la
lettre G de LOGIN (29 octobre) [ Log entry ]
- Les
Universités du Michigan, de Michigan State et de Wayne State establish
X.25-based Merit network for students, faculty, alumni (:sw1:)
- 1970
- Première
publication du premier protocole serveur-à-serveur ARPANET. Carr, S.
Crocker, V.G. Cerf, "HOST-HOST Communication Protocol in the ARPA
Network," in AFIPS Proceedings of SJCC (:vgc:)
- Première publication sur ARPANET à l' AFIPS: "Computer Network Development to Achieve Resource Sharing" (Mars)
- ALOHAnet,
le premier réseau radio par paquets , développpé par Norman Abramson,
Université de Hawaii, devient opérationnel (juillet) (:sk2:)
- connecté à l' ARPANET en 1972
- Les serveurs ARPANET commencent à utiliser le Network Control Protocol (NCP), premier protocole serveur-à-serveur
- Première
ligne transnationale installée par AT&T entre l'UCLA et BBN à
56kbps. Cette ligne sera remplacée plus tard par une autre entre BBN et
RAND.Une seconde ligne est ajoutée entre le MIT et Utah
- 1971
- 15 noeuds
(23 serveurs): UCLA, SRI, UCSB, Univ de l' Utah, BBN, MIT, RAND, SDC,
Harvard, Lincoln Lab, Stanford, UIU(C), CWRU, CMU, NASA/Ames
- BBN
commence à construire les IMPs utilisant le Honeywell 316 bon marché.
Les IMPs sont cependant limités aux connections de 4 serveurs,. Pour y
remédier, BBN développe un terminal IMP (TIP) qui supporte jusqu'à 64
serveurs (Septembre)
- Ray
Tomlinson de BBN invente un programme de courrier électronique capable
d'envoyer des messages via un réseau distribué.. Le programme original
était dérivé de deux autres : un programme interne de courrier
électronique (SENDMSG) et un programme expérimental de transfert de
fichiers (CPYNET)
- 1972
- Ray
Tomlinson (BBN) modifie le programme de courrier électronique pour
ARPANET où il connaît vite un gros succès. Le signe @ fut choisi parmi
les clés de ponctuation du Model 33 Teletype de Tomlinson pour sa
signification "at" (Mars)
- Larry
Roberts écrit le premier programme de gestion de courrier électronique
(RD) capable d'enregistrer, lire de façon sélective, classer, faire
suivre, et répondre aux messages (Juillet)
- La
Conférence Internationale sur la Communication par Ordinateur -
International Conference on Computer Communications (ICCC) au Hilton à
Washington D.C. avec démonstration de l'ARPANET entre 40 machines et le
Terminal Interface Processor (TIP) organisée par Bob Kahn. (Octobre)
- Première
discussion d'ordinateur-à-ordinateur (chat) à l' UCLA, renouvelée lors
de l' ICCC, lorsque le psychotique PARRY (à Stanford) discute de ses
problèmes avec le Docteur (à BBN).
- L'International
Network Working Group (INWG) formé en Octobre suite à une rencontre
lors de l' ICCC soulignant le besoin d'un effort combiné dans le
domaine des technologies de réseau .Vint Cerf nommé premier Président.
En 1974, L'INWG devient l' IFIP WG 6.1 (:vgc:)
- Louis Pouzin dirige les efforts français pour construire leur propre ARPANET - CYCLADES
- Telnet specification
- 1973
- Premières connections internationales à l'ARPANET: La University College de Londres (Angleterre) via NORSAR (Norvège)
- La thèse de Bob Metcalfe de Harvard PhD suggère l'idée de Ethernet.
Le concept fut testé sur les ordinateurs du Xerox PARC Alto, et le
premier réseau Ethernet fut appelé le Alto Aloha System (Mai) (:amk:)
- Bob Kahn
poses Internet problem, starts internetting research program at ARPA.
Vinton Cerf sketches gateway architecture in March on back of envelope
in a San Francisco hotel lobby (:vgc:)
- Cerf et
Kahn présentent les idées de base de l' Internet à
l'INWG en Septembre à l'Université de Sussex, Brighton,
GB (:vgc:)
- RFC 454: File Transfer specification
- Publication du Network Voice Protocol (NVP) (RFC 741) and implementation enabling conference calls over ARPAnet. (:bb1:)
- Le SRI
(NIC) commence à publier les ARPANET News en Mars; le nombre
d'utilisateurs de l' ARPANET est estimé à 2 000.
- Une étude de l'ARPA montre que les courriers électroniques constituent 75% de l'ensemble du trafic ARPANET
- Christmas
Day Lockup - Harvard IMP hardware problem leads it to broadcast
zero-length hops to any ARPANET destination, causing all other IMPs to
send their traffic to Harvard (25 December)
- ARPAWOCKY
- The Stockings Were Hung by the Chimney with Care
- 1974
- Vint Cerf
et Bob Kahn publient "A Protocol for Packet Network Interconnection"
détaillant la conception du Transmission Control Program (TCP). [IEEE
Trans Comm] (:amk:)
- BBN ouvre Telenet, le premier service de données publiques en paquets. (une version commerciale d'ARPANET) (:sk2:)
- 1975
- La direction opérationelle de l' Internet est transférée à DCA (actuellement DISA)
- La première
liste de diffusion ARPANET, MsgGroup, est créée par Steve Walker. Einar
Stefferud en devient bientôt le modérateur ,la liste n'étant pas
automatisée au début.. une liste consacrée à la science fiction,
SF-Lovers, devait devenir la liste non-officielle la plus populaire
dans les jours suivants.
- John
Vittal développe MSG, the first all-inclusive email program
providing replying, forwarding, and filing capabilities.
- Les
liaisons par satellite traversent deux océans (de Hawaii à la G.B) en
même temps que les premiers essais du TCP les utilisent entre tests
Stanford, BBN, et UCL
- "Jargon File", par Raphael Finkel à SAIL
- Shockwave Rider par John Brunner
- 1976
- Elizabeth
II, reine du Royaume Uni envoie un courrier électronique le 26 Mars du
Royal Signals and Radar Establishment (RSRE) de Malvern
- UUCP (Unix-to-Unix CoPy) développé au AT&T Bell Labs et distribué avec UNIX un an plus tard.
- Les Multiprocessing Pluribus IMPs sont mis en service.
- 1977
- THEORYNET
créé par Larry Landweber à l'Université du Wisconsin fournit un
courrier électronique à plus de 100 chercheurs en science informatique
(en utilisant un système de courrier électronique développé localement
sur TELENET)
- RFC 733: Spécification courrier
- Tymshare
spins out Tymnet under pressure from TELENET. Both go on to develop
X.25 protocol standard for virtual circuit style packet switching
(:vgc:)
- Première
démonstration d'ARPANET/SF Bay Packet Radio Net/Atlantic SATNET
operation of Internet protocols with BBN-supplied gateways in July
(:vgc:)
- 1978
- Le TCP devient TCP et IP (Mars)
- TELNET RANDOMLY-LOSE Option
- 1979
- Rencontre entre l' Université du Wisconsin, la DARPA, la National Science Foundation
(NSF), et des scientifiques en informatique de nombreuses universités
pour mettre en place un Département en Science Informatique ( Computer
Science Department) consacré à la recherche sur les réseaux. (organisé
par Larry Landweber).
- Création de
USENET utilisant l' UUCP entre Duke et UNC par Tom Truscott, Jim Ellis,
et Steve Bellovin. Tous les groupes originaux étaient sous la
hiérarchie .net.*
- Premier MUD, MUD1, par Richard Bartle et Roy Trubshaw de l' Université d' Essex
- ARPA créé l'Internet Configuration Control Board (ICCB)
- Le Packet
Radio Network (PRNET) commence des expériences financées par la DARPA .
La plupart des communications ont lieu entre des camions mobiles..
Connection ARPANET via SRI.
- Le 12Avril,
Kevin MacKenzie envoie par courrier électronique au MsgGroup une
suggestion consistant à ajouter un aspect émotionnel au texte sec du
courrier électronique, tel que -) pour indiquer une phrase effrontée.
Bien que "flammé" par beaucoup à l'époque, les emoticons devinrent
largement utilisés.
- 1980
- L'ARPANET
est condamné à un arrêt total le 27 octobre
à cause d'un virus propagé accidentellement par un
message.
- Premier C/30à base d' IMP à BBN
- 1981
- BITNET, le "Because It's Time NETwork"
-
- Commencé
comme un réseau coopératif à la City University de
New York, avec la première connection à Yale (:feg:)
-
- l'acronyme
original utilisait 'There" à la place de 'Time' en référence aux
protocoles gratuits NJE fournis avec les systèmes IBM
-
- Fournit les
applications de courrier électronique et de listes de diffusion pour
distribuer l'information , ainsi que le transfert de fichiers.
- Le CSNET
(Computer Science NETwork) construit en collaboration par des
scientifiques en informatique et l'Université de Delaware, l'Université
de Purdue, l'Université du Wisconsin, RAND Corporation et BBN avec des
financements de la NSF pour fournir des services en réseau (du courrier
électronique notamment) aux chercheurs universitaires sans accès à l'
ARPANET. Le CSNET fut connu plus tard sous le nom de Computer and
Science Network. (:amk,lhl:)
- Le C/30 IMPs domine le réseau; premier C/30 TIP à SAC
- Le Minitel (Teletel) est mis en service en France par France Télécom.
- True Names par Vernor Vinge (:pds:)
- NCP/TCP Transition Plan
- 1982
- La Norvège quitte le réseau pour utiliser une connection Internet via TCP/IP par SATNET; L'UCL fait de même
- DCA et
l'ARPA ratifient leTransmission Control Protocol (TCP) et Internet
Protocol (IP), comme l'ensemble de protocoles, connu sous le nom
TCP/IP, pour ARPANET. (:vgc:)
-
- Cela conduit à
l'une des premières définitions de l' "internet" comme un ensemble de
réseaux connectés , notamment ceux utilisant le TCP/IP, et "l'Internet"
comme des inter-réseaux connectés via TCP/IP i
-
- Le Département de la DéfenseD déclare le TCP/IP comme standard
- EUnet
(European UNIX Network) est créé par l' EUUG pour fournir
du courrier électronique et des services USENET (:glg:)
-
- premières connectionsentre les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la G.B
- Parution du Exterior Gateway Protocol (RFC 827) . EGP est utilisé pour les portails entre réseaux.
- 1983
- Les noms de
serveurs sont développés à l' Université du Wisconsin, ce qui
n'obligent plus mes utilisateurs à connaître le chemin exact des autres
systèmes.
- Passage du NCP au TCP/IP (1 Janvier)
- Plus d' IMPs Honeywell ou Pluribus; Les TIPs sont remplacés par les TACs (terminal access controller)
- Stuttgart et la Corée sont connectés
- Le
Movement Information Net (MINET) apparaît au début de
l'année en Europe, et est connecté à l'Internet en
Septembre.
- Le portail CSNET / ARPANET est mis en place
- ARPANET se
scinde en deux. L'ARPANET et MILNET; Le second est intégré au Defense
Data Network créé l'année précédente. 68 des 113 nœuds existant vont à
MILNET
- Desktop workstations come into being, many with Berkeley UNIX (4.2 BSD) which includes IP networking software (:mpc:)
- Networking
needs switch from having a single, large time sharing computer
connected to the Internet at each site, to instead connecting entire
local networks
- L'Internet Activities Board (IAB) remplace l'ICCB
- Création de
l'EARN (European Academic and Research Network). Ressemblant beaucoup à
BITNET, il fonctionne avec un portail financé par IBM
- FidoNet développé par Tom Jennings
- 1984
- Les Domain Name System (DNS) – Système de nom de Domaine- voient le jour.
- Le nombre de serveurs dépasse les 1000
- Le JUNET (Japan Unix Network) est créé et utilise l'UUCP
- Le JANET (Joint Academic Network) créé en GB utilise les protocoles Coloured Book ; auparavant SERCnet
- Les groupes de discussions avec modérateurs apparaissent sur USENET (mod.*)
- Neuromancer de William Gibson
- Le Canada
entreprend un effort de mise en réseau de ses universités. Le NetNorth
Network est connecté à BITNET d' Ithaca àToronto (:kf1:)
- Le message Kremvax annonce la connection de l' URSS à USENET
- 1985
- Whole Earth 'Lectronic Link (WELL) débute.
- L'Information
Sciences Institute (ISI) se voit confier la responsabilité des Systèmes
de Noms de Domaine par la DCA, et le SRI pour leurs enregistrements
- Le .com
apparaît le 15 mars et devient le premier nom de domaine enregistré.
D'autres suivent :cmu.edu, purdue.edu, rice.edu, ucla.edu (Avril);
css.gov (juin); mitre.org, .uk (Juillet)
- 100 ans
après que le dernier clou ait été enfoncé sur la voie ferrée
transcanadienne, la dernière université est connectée au NetNorth , au
terme d'un an d'efforts pour une connectivité de côte à côte . (:kf1:)
- Twas the Night Before Start-up
- 1986
- Création du NSFNET (56Kbps)
-
- La NSF créée 5
centres équipés de super ordinateurs pour fournir une puissance
suffisante (JVNC@Princeton, PSC@Pittsburgh, SDSC@UCSD, NCSA@UIUC,
Theory Center@Cornell).
-
- Cela permet l'explosion des connections, notamment dans les universités.
- SDSCNET, JVNCNET, SURANET, et NYSERNET, financés par la NSF, sont opérationnels. (:sw1:)
- L' Internet Engineering Task Force (IETF)
et l' Internet Research Task Force (IRTF) voient le jour sous la
tutelle de l' IAB. La première réunion de l' IETF se tient en Janvier
au Linkabit de San Diego
- The first Freenet (Cleveland)
comes on-line 16 July under the auspices of the Society for Public
Access Computing (SoPAC). Later Freenet program management assumed by
the National Public Telecomputing Network (NPTN) in 1989 (:sk2,rab:)
- Le Network News Transfer Protocol (NNTP) est conçu pour améliorer les performances des messageries Usenet sous TCP/IP.
- Mail Exchanger (MX) records developed by Craig Partridge allow non-IP network hosts to have domain addresses.
- The great USENET name change; moderated newsgroups changed in 1987.
- Le
BARRNET (Bay Area Regional Research Network) est créé. Il
utilise des liens à haute vitesse. Opérationnel en 1987.
- La Nouvelle
Angleterre est coupée du réseau, suite à la rupture des câbles à fibre
optique de AT&T, entre Newark/NJ et White Plains/NY. Yes, all seven
New England ARPANET trunk lines were in the one severed cable.
L'accident est survenu entre 1:11 et 12:11 EST le 12 décembre
- 1987
- La NSF signe un accord de coopération pour la gestion de l'ossature du réseau avec Merit Network, Inc. (IBM and MCI involvement was through an agreement with Merit). Merit, IBM et MCI fonderont plus tard ANS.
- UUNET
est créé avec des fonds provenant de Usenix pour fournir un accès
commercial à UUCP et Usenet . Originally an experiment by Rick Adams
and Mike O'Dell
- Première TCP/IP Interoperability Conference (Mars), om transformé en 1988 en INTEROP
- Une ligne
de courrier électronique est établie entre l'Allemagne et la Chine,
utilisant les protocoles CSNET, avec le premier message envoyé de Chine
le 20 Septembre. (:wz1:)
- 1000th RFC: "Request For Comments reference guide"
- Le nombre de serveurs dépasse les 10,000
- Le nombre des serveurs BITNET franchit les 1000
- 1988
- 2 novembre - Internet worm envahit le Net, affectant environ 6000 des 60 000 serveurs de l'Internet
- La CERT
(Computer Emergency Response Team) est mise en place par la DARPA in
response to the needs exhibited during the Morris worm incident. The
worm is the only advisory issued this year.
- DoD chooses
to adopt OSI and sees use of TCP/IP as an interim. US Government OSI
Profile (GOSIP) defines the set of protocols to be supported by
Government purchased products (:gck:)
- Le
réseau Los Nettos est créé, sans financement
fédéral, mais par ses membres régionaux (Caltech,
TIS, UCLA, USC, ISI).
- L'ossature NSFNET améliorée avec T1 (1.544Mbps)
- Le CERFnet (California Education and Research Federation network) créé par Susan Estrada.
- La Internet
Assigned Numbers Authority (IANA) créée en Décembre avec Jon Postel
comme Directeur. Postel fut aussi l'Editeur des RFC Editor et du
registre des noms de domaines américains pensant de nombreuses années.
- L'Internet Relay Chat (IRC) développé par Jarkko Oikarinen (:zby:)
- Les
premiers réseaux régionaux canadiens rejoignent le NSFNET: ONet via
Cornell, RISQ via Princeton, BCnet via l'Université de Washington
(:ec1:)
- FidoNet est connecté au Net, autorisant le courrier électronique et les groupes de discussions. (:tp1:)
- The first multicast tunnel is established between Stanford and BBN in the Summer of 1988.
- Pays
connectés à NSFNET: Canada (CA), Danemark (DK), Finlande
(FI), France (FR), Islande (IS), Norvège (NO), Suède (SE)
- 1989
- Le nombre de serveurs dépasse les 100 000
- Le RIPE
(Réseaux IP Européens) est créé (par les fournisseurs de services
Européens) pour assurer la nécessaire coordination technique et
administrative permettant le fonctionnement du réseau IP pan-européen
(:glg:)
- First
relays between a commercial electronic mail carrier and the Internet:
MCI Mail through the Corporation for the National Research Initiative
(CNRI), and Compuserve through Ohio State Univ (:jg1,ph1:)
- La Corporation for Research and Education Networking (CREN) est formée par la fusion de CSNET et de BITNET (Août)
- AARNET -
Australian Academic Research Network – créé par AVCC et
CSIRO; mis en service l'année suivante. (:gmc:)
- Premier lien entre l' Australie et NSFNET via Hawaii le 23 Juin.
- Cuckoo's
Egg de Clifford Stoll raconte l'histoire vraie d'un groupe de crackers
allemands qui a infiltré de nombreux sites américains.
- L' UCLA
sponsorise le symposium Act One pour célébrer le
vingtième anniversaire de l' ARPANET et son
décommissionnement. (Août)
- RFC 1121: Act One - The Poems
- RFC 1097: TELNET SUBLIMINAL-MESSAGE Option
- Pays
connectés à NSFNET: Australie (AU), Allemagne (DE), Israël (IL), Italie
(IT), Japon (JP), Mexique (MX), Pays-Bas (NL), New Zélande (NZ), Porto
Rico (PR), Royaume Uni (UK)
- 1990
- ARPANET cesse d' exister
- L'Electronic Frontier Foundation (EFF) est créée par Mitch Kapor
- Archie réalisé par Peter Deutsch, Alan Emtage, et Bill Heelan à McGill
- Hytelnet réalisé par Peter Scott (Université de Saskatchewan)
- The World arrive en ligne (world.std.com), devenant le premier fournisseur d'accès commercial à l' Internet
- ISO
Development Environment (ISODE) developed to provide an approach for
OSI migration for the DoD. ISODE software allows OSI application to
operate over TCP/IP (:gck:)
- CA*net
formé par 10 réseaux régionaux , comme ossature
nationale canadienne, avec connection directe à NSFNET (:ec1:)
- The
first remotely operated machine to be hooked up to the Internet, the
Internet Toaster by John Romkey, (controlled via SNMP) makes its debut
at Interop. Pictures: Internode, Invisible
- RFC 1149: A Standard for the Transmission of IP Datagrams on Avian Carriers
- RFC 1178: Choosing a Name for Your Computer
- Pays
connectés à NSFNET: Argentine (AR), Autriche (AT), Belgique (BE),
Brésil (BR), Chili (CL), Grèce (GR), Inde (IN), Irlande (IE), Corée
(KR), Espagne (ES), Suisse (CH)
- 1991
- Première connection entre le Brésil, by Fapesp, et l' Internet à 9600 baud.
- La
Commercial Internet eXchange (CIX) Association, Inc. Est formée de
General Atomics (CERFnet), Performance Systems International, Inc.
(PSInet), et UUNET Technologies, Inc. (AlterNet), après que la NSF ait
levé ses restrictions sur l'usage commercial du Net (Mars) (:glg:)
- Les Wide
Area Information Servers (WAIS), inventés par Brewster Kahle, et
réalisés par Thinking Machines Corporation
- Gopher réalisé par Paul Lindner et Mark P. McCahill de l'Université du Minnesota
- Le World-Wide Web (WWW) réalisé par le CERN; Tim Berners-Lee en est le développeur (:pb1:)
- PGP (Pretty Good Privacy) réalisé par Philip Zimmerman (:ad1:)
-
- Le US High Performance Computing Act (Gore 1) créé le National Research and Education Network (NREN)
- L'ossature du NSFNET amélioré en T3 (44.736Mbps)
- Le trafic de NSFNET dépasse 1 trillion de bytes/mois et 10 billions de paquets/mois
- Defense Data Network NIC contract awarded by DISA to Government Systems Inc. who takes over from SRI in May
- Début de
JANET IP Service (JIPS) qui signale le passage du logiciel Coloured
Book au TCP/IP à l'intérieur du réseau universitaire anglais. L'IP was
initially 'tunneled' within X.25. (:gst:)
- RFC 1216: Gigabit Network Economics and Paradigm Shifts
- RFC 1217: Memo from the Consortium for Slow Commotion Research (CSCR)
- Pays
connectés à NSFNET: Croatie (HR), République Tchèque (CZ), Hong Kong
(HK), Hongrie (HU), Pologne (PL), Portugal (PT), Singapour (SG),
Afrique du Sud (ZA), Taiwan (TW), Tunisie (TN)
- 1992
- Constitution de l'Internet Society (ISOC) (Janvier)
- L'IAB reconstitué comme l' Internet Architecture Board et lié à l' Internet Society
- Le nombre de serveurs dépasse les 1 000 000
- First MBONE audio multicast (March) and video multicast (November)
- Le RIPE
Network Coordination Center (NCC) créé en Avril pour l'enregistrement
des adresses et la coordination des services de la communauté Internet
européenne (:dk1:)
- Veronica, un outil de recherche gopherspace, est conçu par l' Université du Nevada
- World Bank vient en ligne
- Le terme "surfing the Internet" est inventé par Jean Armour Polly (:jap:)
- Zen and the Art of the Internet est publié par Brendan Kehoe (:jap:)
- Internet Hunt commencé par Rick Gates
- Remembrances of Things Past
- Today's Programming for KRFC AM 1313 - Internet Talk Radio
- Pays
connectés à NSFNET: Antarctique (AQ), Cameroun (CM), Chypre (CY),
Equateur (EC), Estonie (EE), Koweit (KW), Lithuanie (LV), Luxembourg
(LU), Malaisie (MY), Slovaquie (SK), Slovénie (SI), Thaïlande (TH),
Venezuela (VE)
- 1993
- L'InterNIC créé par la NSF pour fournir des services Internet : (:sc1:)
-
- Répertoires et bases de données (AT&T)
-
- Services d'enregistrement (Network Solutions Inc.)
-
- services information (General Atomics/CERFnet)
- La Maison Blanche en ligne (http://www.whitehouse.gov/):
-
- Président Bill Clinton: president@whitehouse.gov
-
- Vice-Président Al Gore: vice-president@whitehouse.gov
- Des virus
nouvelle génération apparaissent sur le Net - WWW Worms (W4), rejoint
par Spiders, Wanderers, Crawlers, and Snakes ...
- L'Internet Talk Radio commence à émettre (:sk2:)
- United Nations (UN) en-ligne (:vgc:)
- US National Information Infrastructure Act
- Le monde des affaires et des médias commencent à s'intéresser à l' Internet
- L'InterCon
International KK (IIKK) fournit au Japon la première connection
commerciale à l' Internet en Septembre. TWICS, via des lignes louées à
IIKK, commence à offrir des accès le mois suivant (:tb1:)
- Mosaic
prend l'Internet par surprise; Le WWW prolifère avec un taux annuel de
croissance du trafic de 341,634%.. Celui de Gopher est de 997%.
- RFC 1437: The Extension of MIME Content-Types to a New Medium
- RFC 1438: IETF Statements of Boredom (SOBs)
- Pays
connectés à NSFNET: Bulgarie (BG), Costa Rica (CR), Egypte (EG), Fiji
(FJ), Ghana (GH), Guam (GU), Indonésie (ID), Kazakhstan (KZ), Kenya
(KE), Liechtenstein (LI), Pérou (PE), Roumanie (RO), Fédération de
Russie (RU), Turquie (TR), Ukraine (UA), UAE (AE), US Iles Vierges(VI)
- 1994
- ARPANET/Internet célèbre son 25e anniversaire
- Communities begin to be wired up directly to the Internet (Lexington and Cambridge, Mass., USA)
- Le Sénat US et House s'équipent de serveurs d' information
- L'achat en ligne arrive sur l' Internet
- La première cyber-radio, RT-FM, émet à partir d'Interop à Las Vegas
- Le National
Institute for Standards and Technology (NIST) suggère que GOSIP adopte
le TCP/IP et abandonne la norme "OSI-only" (:gck:)
- Une société d'Arizona Canter & Siegel "spamme" l' Internet avec une publicité pour une loterie; flame des Net citoyens en retour.
- Le trafic NSFNET passe les10 trillions bytes/mois
- Oui, c'est vrai- vous pouvez maintenant commander une pizza en ligne chez Hut
- Le WWW
montre que telnet devient le second service le plus populaire du Net (
après le ftp) basé sur un pourcentage de trafic en bytes et paquets
distribué sur NSFNET
- Le Premier Ministre Japonais en-ligne (http://www.kantei.go.jp/)
- Ainsi que celui de Nouvelle Zélande (http://www.govt.nz/)
- Le Ministère des Finances de GB en-ligne (http://www.hm-treasury.gov.uk/)
- Ouverture de First Virtual, la première cyberbanque
- Les
premières stations de radio rockin' round the clock sur le Net: WXYC à
l'Université de NC, KJHK à l'Université de KS-Lawrence, KUGS à la
Western WA
- La Trans-European Research and Education Network Association (TERENA) est créée par la fusion de RARE et de l'EARN, avec des représentants de 38 pays ainsi que du CERN
et de ECMWF. Le but de TERENA est de "promouvoir et participer au
développement d'une information internationale et d'une infrastructure
de télécommunications de haute qualité, au bénéfice de la recherche et
de l' éducation" (Octobre)
- Après avoir
constaté que beaucoup de vendeurs de logiciels de réseau utilisent le
nom de domaine.com dans leur documentation, Bill Woodcock et Jon Postel
l'enregistrent. Sure enough, after looking at the domain access logs,
it was evident that many users were using the example domain in
configuring their applications.
- RFC 1605: SONET to Sonnet Translation
- RFC 1606: A Historical Perspective On The Usage Of IP Version 9
- RFC 1607: A VIEW FROM THE 21ST CENTURY
- Pays
connectés à NSFNET: Algérie (DZ), Armenie (AM), Bermudes (BM), Burkina
Faso (BF), Chine (CN), Colombie (CO), Jamaïque (JM), Jordanie (JO),
Liban (LB), Macao (MO), Maroc (MA), Nouvelle Calédonie (NC), Nicaragua
(NI), Niger (NE), Panama (PA), Philippines (PH), Sénégal (SN), Sri
Lanka (LK), Swaziland (SZ), Uruguay (UY), Ouzbékistan (UZ)
- Top 10 des Domaines par serveurs com, edu, uk, gov, de, ca, mil, au, org, net
- 1995
- NSFNET reverts back to a research network. Main US backbone traffic now routed through interconnected network providers
- Le nouveau NSFNET est né avec la création par NSF du very high speed Backbone Network Service (vBNS) reliant des centres de super-ordinateurs: NCAR, NCSA, SDSC, CTC, PSC
- Le Neda
Rayaneh Institute (NRI), premier fournisseur commercial de service en
Iran, se connecte via satellite à Cadvision, un fournisseur Canadien
(:rm1:)
- La police
de Hong Kong déconnecte tous les fournisseurs de servic
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