À l'initiative d'Emir Kir, Secrétaire d'État en charge des Monuments et Sites,  le Gouvernement a décidé le 24 avril 2008 d'ouvrir une procédure de classement pour les éléments principaux de maisons sises rue
Haute à Bruxelles.

la rue Haute au coeur des Marolles
























rue Haute  373





 







pignon XVIIe siècle
rue Haute  373







La rue Haute, pittoresque et populeuse  constitue non seulement l'axe principal du quartier des Marolles mais est également considérée comme l’une des plus anciennes voies d’accès à Bruxelles, via la « Steenpoort », une des portes de la première enceinte. Elle s'étend par ailleurs jusqu'à la Porte de Hal, appartenant à la seconde enceinte. Elle compte sur son tracé l'église de la Chapelle, érigée au début de la rue en 1134 et la léproserie Saint-Pierre, qui fut construite à l'autre bout de la rue au cours du XIIe siècle (remplacée aujourd'hui par l'Hôpital Saint-Pierre).

Son tracé, presque rectiligne, correspond à la voie romaine qui courait à mi-côte de la colline, qui s'étend l’Est de la ville et dont une partie, sur laquelle on a construit Ie Palais de Justice, s'appelait Ie Galgenberg. Cette colline mesure à son point Ie plus élevé 60 mètres. L'altitude de Ia rue Haute est de 38 mètres en moyenne. Entre cette rue et la Senne Ie terrain descend rapidement et n'atteint plus qu'une altitude de 22 m à la rue des Tanneurs, de 20 m à la rue Terre Neuve. deux rues parallèles à la rue Haute.

 A droite et à gauche, on rencontre des ruelles, dont les unes montent vers la crête de la colline, tandis que les autres descendent vers Ie bas de la ville. Au moyen âge on cultivait la vigne sur Ie penchant du coteau, tandis que la partie située entre la rue Haute et la Senne était livrée à l'agriculture. Quand la population s'accrut, des habitations furent .construites à la lisière des champs, et les chemins d' exploitation rurale devinrent insensiblement des rues bâties. On continua a cultiver l'intérieur des blocs de terre souvent très vastes, mais à la longue, la population envahit les jardins potagers, les blanchisseries et les cours; elle y aménagea une série d'impasses qui sont une des caractéristiques de notre ville et en particulier de la rue Haute

 

Ce quartier, surtout dans sa partie la plus rapprochée de I' église de la Chapelle, était au moyen âge Ie quartier des tisserands et des foulons. Plusieurs institutions charitables et conventuelles y furent fondées: la Léproserie de Saint.Pierre, au XIIe siècle, l'hôpital Saint-Julien, au XIVe siècle. l'hospice Sainte­-Croix, vers 1500, Ie couvent des Capucins, en 1587, et au XVIe siècle, sur Ie flanc de la colline, Ie couvent des Apostolines au Ma­rolles et celui des Minimes. Le quartier voisin des Minimes, appelé Ie Bovendael, fut pendant longtemps Ie refuge des filles publiques. Il était relié à la rue Haute par la rue de I’ Épée et la rue de I’ Éventail, mais celles-ci furent fermées par un guichet, en 1597, afin d'empêcher les femmes de rnauvaise vie de venir se mêler à la population !

 

Cette situation prit fin au début du XVIIe siècle, quand les Minimes vinrent s'établir au Bovendael.


Malgré son caractère populaire, Ie quartier de la rue Haute comptait aux XVIIe et XVllle siècles, plusieurs hôtels seigneuriaux, l'hôtel de la douairière d'Arenberg au coin de la rue Piermans, du marquis de Laverne, rue des Capucins, du marquis de Trelon, rue du Miroir.
Le peintre David Teniers III et l'ingénieur Michel Van Langeren y avaient, au XVlIe siècle, leurs habitations.

La construction du Palais de Justice a beaucoup contribue à
modi­fier I’aspect du quartier. Huit rues facilitent la communication di­recte avec la rue des Minimes. Récemment, entre la rue des Vers et Ia rue de la Rasière, on a con­struit une vaste" casern"e pour y loger des families ouvrières. La création de la rue Blaes, entre la rue Haute et la rue des Tanneurs, a amené la démolition partielle des ruelles qui descendent de la rue Haute vers Ie bas du coteau.
Près de la Porte de Hal (altitude 35 m.), la rue Haute décrit une courbe. Prendre du côté des numéros pairs, afin d'avoir une vue d'ensemble sur la partie rentrante de la courbe. Presque immédiatement, à
 gauche, on trouve, au n° 393, une grande porte recouverte d'un lar­mier, dont la pierre d'im­poste porte la date de 1721.
Le n° 373 a conserve un gable intéressant, à
gradins et à  volutes. à l'intérieur duquel I' architecte semble avoir inscrit trois lucarnes.

Une haute porte en pierre bleue donne accès à I’impasse des Liserons. Suivent deux autres impasses, celle de Sainte-Cécile et l'im­passe Londès,




La présente proposition de protection s'inscrit dans le contexte d'une étude du patrimoine par quartier. Le quartier des Marolles compte déjà quelques très intéressants éléments de patrimoine protégés mais aucune analyse globale du patrimoine du quartier n'avait été menée jusqu'à aujourd'hui. C'est ainsi que sont déjà classés l'atelier Cortvriendt (rue de Nancy), le jardin d'enfants de Victor Horta, rue Saint-Ghislain, et le Palais du Vin rue des Tanneurs, tous trois de style Art nouveau, ainsi que le complexe des archives de la Ville de Bruxelles également situé rue des Tanneurs, comprenant des bâtiments de différentes époques (du XVIIe au XXe siècle). Mais, à part l'église de la Chapelle et la Maison Breugel, située rue Haute, la période de l'ancien Régime du quartier des Marolles n'avait pas encore été étudiée en profondeur et une protection des éléments les plus significatifs de cette période dans ce quartier historique devait encore être proposée.




Concernant le n° 50, ce sont les façades, la toiture, la cave, la cage d’escalier et la structure portante qui sont concernées par l'ouverture de procédure de classement. Cette maison du XVIIIe siècle présente une très élégante façade rococo couronnée d'un pignon. Elle constitue un des rares exemples de ce type d'architecture à Bruxelles, l'esthétique rococo n'ayant rencontré que très peu d'engouement auprès des Bruxellois à l'époque.




Sur la parcelle portant le n° 64-70 est édifiée une construction à pignon à gradins et volutes, typique de l'architecture baroque à Bruxelles. Là, ce sont les façades, la toiture, la cave et la structure portante pour lesquelles on entame une procédure de classement. Cet immeuble de la fin du XVIIe siècle est un des exemples les plus exceptionnels de l’architecture de l’Ancien Régime de la rue Haute. Le pignon, avec sa décoration élaborée, est un témoignage important de l’ornementation baroque en Région de Bruxelles-Capitale.




Les immeubles situés aux n°s 131-133 et 135 forment quant à eux un ensemble exceptionnel de deux pignons en profil de cloche qui marquent de leur ligne courbe la physionomie de cette partie de la rue Haute. Ici, l'ouverture de procédure de classement concerne les façades avant des deux maisons qui datent du milieu du XVIIIe siècle, ainsi que la façade arrière la toiture, la cave et la structure portante de la maison à pignon située au n° 135, qui attestent quant à eux d'une construction plus ancienne remontant au XVIIe siècle.
rue Haute  233


Enfin, pour l’immeuble situé au n° 233, on entame une procédure de classement pour les façades, la toiture, la cave (y compris l’escalier), l’escalier vers le grenier et la structure portante. Il présente une typologie spécifique dont la forme de la toiture est liée au système d’écoulement des eaux de pluie et constitue un jalon dans l’évolution de l'architecture traditionnelle bruxelloise vers la disparition des pignons. Le n° 233 est l’une des dernières maisons de ce type datant du XVIIe siècle à Bruxelles construite en largeur et présente de ce fait un grand intérêt historique.
 










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