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la place des Martyrs |
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Le quartier de la ville où on créa, en 1775, la place
des Martyrs, appelée primitivement place de la Blanchisserie puis
place Saint-Michel, était occupée par des blanchisseries
et des jardins potagers. En 1594, Henri Madoets loua à la
Ville un terrain qui correspondait à peu près à la
place actuelle et le convertit en Rame aux Draps, prairie où les
drapiers, moyennant une redevance, venaient étendre leurs draps
sur des séchoirs. La draperie déclinant sans cesse,
la rame fut abandonnée et. en 1770, une société de
spéculateurs en fit l'acquisition dans le but d'y construire une
place publique. Ne pouvant s'entendre avec les associés au
sujet des conditions d'exécution de l'ouvrage, la Ville écarta
leur requête. La société fut dissoute, mais quelques
mois plus tard, le 25 juillet 1772, la Ville obtint du Gouvernement un
octroi l'autorisant à acquérir la blanchisserie par voie
d'expropriation forcée. L'architecte Fisce, directeur des
travaux publics de la Ville, fut chargé de faire les plans de la
place et des bâtiments environnants. En 1775, l'entreprise
était terminée.
La place Saint-Michel, car tel était son nom primitif, fut débaptisée par les Français en 1795 et reçut le nom de place de la Blanchisserie. En l'an VIII, on y établit un marché aux légumes, mais celui-ci n'attirant pas la clientèle, on le remplaça par un rnarché au bois. En février 1802, on y planta une double rangée de tilleuls formant berceau. Les arbres du milieu donnant au carré un aspect plutôt triste, on les enleva en 1816. En. 1828 on ouvrit le cul-de-sac du Persil et on rejoignit la rue du Persil à la rue Saint-Michel une rue qui traversait la place et la coupait en deux. La place des Martyrs forme un carré oblong, entouré de constructions en style classique relevant de l'ordre dorique. Deux vastes corps de bâtiments font face l'un à l'autre, comprenant chacun huit colonnes doriques qui supportent un entablement orné de triglyphes et de bucrânes. Un fronton triangulaire les recouvre et l'attique est orné de deux vases. Les parties latérales ont de simples pilastres: doriques. Les deux autres côtés sont ouverts au milieu par une rue,
la rue Saint-Micbel, qui relie la place à la rue Neuve et
la rue du Persil qui la rejoint à la rue du Marais. Aux angles
de ces rues, dans une symétrie parfaite, se dressent clés
constructions décorées de 4 colonnes doriques dont l'entablement
est identique à celui que nous venons de voir, balustrade et vases.
Les ailes se composent d'une série d'habitations dont les façades
uniformes sont rehaussées de simples pilastres de style dorique.
A la suite des événements de 1830, la place Saint-Michel devint la place des Martyrs. Le 25 septembre 1830, la commission administrative qui s'était
formée pendant la révolution. alors que la Ville était
dépourvue de toute autorité constituée, arrêta
qu'une fosse serait creusée sur la place Saint-Michel pour recevoir
«
les restes des 445 citoyens morts dans les mémorables journées
de septembre et qu'un monument transmettrait à la postérité
les noms de ces héros et la reconnaissance de la Patrie».
De là le nom de place des Martyrs donné à ce cimetière
patriotique qui fut consacré le 4 octobre 1830 par le doyen de Sainte-Gudule,
en présence des autorités civiles et militaires, d'une foule
de volontaires armés et de nombreux assistants.
Quatre anges, assis aux angles du monument, veillent sur les 445 morts. Sur les quatre faces du soubassement, des bas-reliefs qui ne répondent
malheureusement pas au talent dont Guillaume Geefs a fait preuve ailleurs.
Ce sont:
Dans les galeries qui entourent le monument se trouvent des tables, dans lesquelles sont gravés les 445 noms de ceux qui sont morts pour l'indépendance du pays. Dans le square. le monument élevé en souvenir de Jenneval,
auteur des paroles de la Brabançonne dont Van Campenhout écrivit
la musique. Il tomba à Lierre en octobre 1830. Sur une
stèle en pierre bleue se détache le médaillon de Jenneval,
en marbre blanc par Alfred Crick. Sur la face principale de la stèle.
la Belgique traçant dans le livre d'or le nom du héros.
Comme l'inscription l'indique, ce monument fut érigé par
les soins de la ville de Bruxelles le 13 septembre 1897.
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travaux en cours : il était temps
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Sur cette carte axonométrique,
on reconnait la 'croix' du Centre Monnaie et le Théâtre Royal
de la Monnaie.
La place des Martyrs est à
gauche, avec sa crypte au centre.
la présence flamande s'est évidemment affirmée
en ce lieu symbole...
Ville
de Bruxelles Stad
BrusselIl
n’en reste pas moins que cette place
est un cimetière
pour les martyrs de 1830, et donc aussi un lieu de mémoire, il revient
à la Ville de ne pas l’oublier ! A cet égard, les monuments
de Mérode et Jenneval aux extrémités de la place –
érigés par ‘la Ville de Bruxelles reconnaissante’ – sont
des témoins qui ont également trop souffert de cet état
d’abandon.
Enfin,
ma description serait incomplète sans quelques mots concernant le
stationnement. Pourtant interdit, l’espace
est quotidiennement bondé de voitures
et les sens de circulation ne sont plus respectés depuis bien longtemps.
Ceci n’améliore certainement en rien les abords de la place, et
l’on se demander l’utilité d’interdire le
stationnement alors que l’on est incapable de faire respecter cette interdiction
! A quoi cela sert-il d’installer à grands frais des bornes rétractables,
alors que l’on ne les utilise pas…
Bien que l’on ne trouve pas d’aménagement ni de panneau touristique, il est important de signaler que la place se trouve sur le parcours recommandé par le BITC (Bureau d’Information Tourisme-Congrès), doit-on en conclure que c’est l’image que la Ville souhaite donner aux touristes, mais aussi à ses habitants ?
A titre indicatif, dans 2 ans sont prévues des cérémonies pour les 175 ans la révolution de 1830, il semble donc plus que temps que la Ville redonne à cette place la dignité et la convivialité qu’elle n’aurait jamais dû perdre.
Monsieur le Bourgmestre, je souhaiterais donc savoir :
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