Porte de Hal - Bruxelles
Porte 
de 
Hal

au coin inférieur du pentagone bruxellois
              
La Porte de Hal est la seule porte qui subsiste encore de la deuxième enceinte de la Ville, édifiée de 1357 à 1383.  Toutes les autres portes furent démolies de 1782 à 1784, sauf la Porte de Laeken, qui ne disparut qu'en 1808.  Elle fut épargnée parce qu'elle servait de prison au moment de la démolition systématique des portes.  Cédée à la Ville par les décrets impériaux du 23 avril et 27 juin 1810, la Ville l'abandonna, à son tour, à I'Etat en vertu de la loi du 4 décembre 1842.  Elle faillit disparaître en 1832 mais heureusement quelques amis du Vieux Bruxelles intervinrent énergiquement en sa faveur et la sauvèrent .
La Porte de Hal, dont la première pierre fut posée, dit-on, en 1381, fut totalement transformée par l'architecte Beyaert, de 1868 à 1870.  C'est alors qu'on boucha l'entrée de la porte vers la ville et qu'on y éleva une partie centrale semi-circulaire. La partie supérieure fut couronnée de mâchicoulis, d'échauguettes et d'une immense toiture. 
La partie la plus intéressante se trouve du côté de Saint-Gilles.  Deux puissants contreforts, reliés en haut par un arc en anse de panier et réunis vers le milieu par un deuxième arc, y forment une sorte d'avant-corps.  Ces arcs cachent un mâchicoulis, une large rainure, par où l’on pouvait déverser sur les assaillants des matières pondéreuses ou enflammées.  Au-dessus de l'arc brisé inférieur, on remarque deux trous carrés et obliques par où passaient les chaînes du pont-levis.  Des fenêtres ogivales des étages ont remplacé des fenêtres qui étaient primitivement carrées.  L'arc brisé inférieur est celui de la porte d'entrée.  Un large fossé défendait celle-ci, et sur ce fossé se trouvait un pont en pierre à trois arches sur lequel venait retomber le pont-levis. 

Dès 1564, sa fonction militaire lui fat retirée et elle fut successivement transformée en grenier à grains, en temple luthérien, en prison et en dépôt d'archives.  En 1847, la Porte de Hal devint un des premiers musées d'Europe, sous le nom de 'Musée Royal d'Armures, d'Antiquités et d'Ethnologie'.  Elle devint ainsi le lieu où les citoyens apprenaient à connaître les réalisations des artisans d'ici, ainsi que celles de régions lointaines évoquant d'autres modes de vie.

L'architecte Henry Beyaert fut chargé de restaurer le bâtiment, de l'agrandir et de l'aménager en musée.  Cette intervention du XXe siècle modifia considérablement l'édifice qui, de porte médiévale, fut transformé en castel néo-gothique.

Les collections s'agrandirent rapidement et, en 1889, il fut décidé de les diviser : les armes et armures restèrent à la Porte de Hal, tandis que les autres pièces furent transférées au Cinquantenaire.  Suite à des projets de travaux de restauration et de rénovation, le musée fut fermé en 1976 et les collections qu'il abritait furent déposées au Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire.

Après le classement du bâtiment, en 1990, les travaux purent commencer et, si aujourd'hui, la dernière phase doit encore être exécutée, l'historique de l'édifice est, dès à présent, parfaitement lisible.  C'est ainsi que l'on peut aisément retrouver l'endroit par où se faisait l'entrée dans la ville, les traces des créneaux ainsi que du pont-levis, les meurtrières et les passages vers la courtine.


Porte de Hal - Bruxelles     Réouverture de la Porte de Hal le 6 juin 2008

 

La Porte de Hal, ultime vestige de la seconde enceinte fortifiée de Bruxelles, est l’un des bâtiments historiques les plus emblématiques de notre capitale.

Derrière sa façade blanche entièrement nettoyée, les visiteurs pourront découvrir, sous la forme d’une présentation permanente toute neuve, l’histoire du bâtiment et de son occupation à travers les siècles, mais également celle de la ville, de sa défense, de ses corporations, de son folklore, autant de facettes qui se révèlent étroitement liées les unes aux autres.

Parmi les pièces qui seront exposées, on pourra admirer notamment plusieurs chefs-d’œuvre célèbres parmi lesquels des colliers de guilde, l’armure de parade de l’archiduc Albert, son cheval naturalisé ainsi que celui de son épouse l’infante Isabelle, le berceau dit « de Charles Quint » ou encore le tableau attribué à Anthonis Sallaert représentant l’Infante Isabelle participant à la fête des arbalétriers au Sablon.

Le troisième étage et le grenier de la Porte de Hal seront, quant à eux, réservés à des expositions temporaires et à des événements.

Pour l’ouverture, c’est l’artiste belge Marie-Jo Lafontaine qui occupera le troisième étage avec une installation vidéo créée pour l’occasion et baptisée « The Ball ».



L'avenir

La Porte de Hal est un bâtiment qui a connu une histoire fascinante : vestige de la défense militaire de Bruxelles, porte d'entrée, utilisation impropre à des fins religieuses et profanes, transformation architecturale fantaisiste, ensemble d'espaces grandioses, musée, ... Une telle diversité exigeait une destination sensée, ' basée sur la richesse du passé et les atouts actuels, pour en faire un musée vivant du XXIe siècle.  Cela étant, la direction des Musées royaux d'Art et d'Histoire -dont la Porte de Hal fait partie- a décidé de travailler selon les lignes de force suivantes : l'histoire du bâtiment sera explicitée dans les lieux rénovés, des expositions y seront organisées et mises en oeuvre par la section du Folklore européen des M.R.A.H., des points de vue originaux et actuels seront expressément mis en avant.  Puisque cet édifice permettait, jadis, de pénétrer dans la ville, celle-ci constituera le thème principal du programme dans lequel, avec son biotope particulier, le multiculturalisme occupera par conséquent une place de choix.

Cette nouvelle orientation vers la culture populaire permet aux collaborateurs responsables de ce musée de la Porte de Hal de l'ouvrir à tous et, en premier lieu, à ses voisins les plus proches pour qui, longtemps, l'édifice n'a été qu'un château fermé et où ils pourront trouver un intéressant lieu de rencontre riche de découvertes. 
Quelles que soient leur nationalité et leur culture, ils pourront également y participer à des prises de contact, des réflexions et des dialogues, dans un lieu vivant, au même titre que les autres Bruxellois, les amateurs de culture et les touristes.
 

 

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