| dans la zone du Patrimoine mondial de l'Unesco... |
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la rue au Beurre |
| On poursuit le classement des immeubles de cette rue dans le contexte de la campagne de protection de l’architecture privée représentative de l’époque qui suivit le bombardement de 1695 et située dans la zone tampon définie autour de la Grand-Place de Bruxelles à l’occasion de son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998. |
| Malgré leur
allure classique en façade, ces immeubles ont conservé leur
volume et leur implantation originelles, leur façade-pignon arrière
ainsi que, pour certains, une partie de leur structure interne.
A ce titre, ils témoignent également des techniques constructives des XVIIe et XVIIIe siècles. |
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Connue dès le XIIe siècle sous le nom de Santstraete,
la rue au Beurre doit son nom
actuel au marché spécialisé dans le commerce du
beurre qui se tenait dès le Moyen
Age aux alentours de l’église Saint-Nicolas. Aujourd’hui l’une
des rues piétonnières les
plus populaires de la ville basse, cette artère ancienne servit
très tôt de décor à
plusieurs événements historiques ou folkloriques dont
le plus connu est sans nul doute
l’Ommegang.
La rue au Beurre fut entièrement détruite en 1695, lors
du bombardement de Bruxelles
orchestré par le maréchal de Villeroi, chef des armées
de Louis XIV. Les maisons les
plus anciennes de la rue datent donc de la vaste campagne de reconstruction
qui fut
entamée immédiatement au lendemain du désastre.
Il s’agit d'immeubles à façade-pignon se rattachant à
la typologie des demeures
bourgeoises moyennes de la fin du XVIIe siècle et
du début du XVIIIe siècle. Ces
immeubles se distinguent par la sobriété de leur ordonnance
et les matériaux utilisés
pour leur construction : la brique et la pierre pour l’enveloppe extérieure
et le bois pour
la structure portante interne et la charpente. Ces maisons présentent
également
un
volume étroit et rectangulaire dicté par la division
parcellaire du tissu urbain médiéval
qui fut conservée lors de cette campagne de reconstruction.
Le classement de novembre 2003 porte également sur le 24-26
de la rue au
Beurre, une réalisation de l’architecte Jacques Dupuis, dont
la Région a d’ailleurs déjà
classé une autre œuvre : la célèbre villa ‘Parador’
à Woluwe-Saint-Pierre. Il s’agit
aujourd’hui avant tout de classer un exemple remarquable d’une intervention
moderniste s’intégrant dans le contexte ancien des abords de
la Grand-Place.
L’aménagement commercial de l’intérieur est caractéristique
de la démarche
architecturale de Jacques Dupuis : organisation subtile de l’espace,
travail tout en
nuances sur la lumière, intégration du mobilier et des
éléments de décor. La décision
de la Région de Bruxelles-Capitale de classer ce bâtiment
transformé dans un style moderniste témoigne aussi d’une
volonté de ne pas renier certaines interventions architecturales
du passé si elles sont de qualité, et c’est le cas ici, preuve
que classer un bâtiment ne signifie pas automatiquement le figer
dans son état d’origine.
Les n° 19, 23 et 41 et l’ensemble formé par les n° 29,
31 et 33 conservent un pignon
qui prend des formes variées, allant du simple pignon à
rampants droits, typique des
environs de 1700 (n°23), au pignon à rampants plus décoratifs
ou chantournés
dont les formes correspondent à l’épanouissement du baroque
au début du XVIIIe
siècle (comme les n° 19, 29, 31, 33 et 41). La majorité
de ces façades-pignons
subirent dans le courant du XXe siècle une restauration
plus ou moins lourde selon les
immeubles.
Le pignon originel de certains de ces immeubles fut supprimé
dans le courant du XIXe
siècle : on lui substitua une corniche horizontale et la toiture
en bâtière transformée en
toiture à croupe frontale ( n° 17, 21 et 39). Ce type de
transformation historique fut
influencée par la mode néoclassique française
alors fréquente à Bruxelles et constitue
une étape particulière dans l’évolution stylistique
qui marqua le bâti bruxellois
traditionnel ancien. Certains immeubles (n° 25/27 et 35/37) virent
même
leur façade entièrement reconstruite dans ce style. Quant
aux n° 24-26, qui ont
conservé leur noyau ancien, ils ont fait l’objet d’une transformation
selon les plans de
l’architecte Jacques Dupuis en 1953.
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