l'église
Notre-Dame de Laeken
 


 Réfection en cours...


Il ne subsiste plus, dans le cimetière de Laeken, que le choeur de l'ancienne église
de style gothique construite dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, désaffectée en 1850 et
démolie en 1904. Lors de la construction de la nouvelle église Notre-Dame de Laeken, oeuvre
de l'architecte Joseph Poelaert, il fut décidé de conserver les deux travées du choeur et le
chevet à cinq pans de l'ancienne bâtisse. L'intérieur de cette partie subsistante contient des
peintures polychromes datant sans doute du début du XXe siècle, mais qui ont été repeintes
sur des peintures d'origine du XVIIIe siècle.


On prétend que I' église primitive de Laeken était du nombre de celles que Ie pape Léon III consacra en 804, lors d'une tournée qu'il fit dans nos contrées avec l'empereur Charlemagne. D'autres disent que deux jeunes filles d'illustre naissance l'élevèrent, vers l'année 900, à la mémoire de leur frère, un duc de Germanie, qui périt dans une rencontre avec les Normands devant Bruxelles. Cette dernière assertion .est une. pure légende qu'aucun fait historique ne corrobore. Quant à la première, elle est probable, mais non historiquement démontrée. Tout ce que nous savons, c'est qu'il existe à un moment donné, probablement au XIe siècle déjà, un oratoire où des pèlerins viennent honorer Ia Vierge. Des miracles s'opèrent et bientôt la chapelle est trop petite et rebâtie. De ces premières constructions, il ne reste rien. Le chœur encore existant de l'ancienne église est, comme nous Ie verrons, un édifice de la seconde moitie du XlIIe siècle. Une église nouvelle l'a remplacée au XIXe.

L'église Notre-Dame figure avec honneur parmi les monuments religieux entrepris au cours du XIXe siècle. Comme I' église de Saint-Boniface, à Ixelles, elle relève du style gothique et témoigne d'un effort intéressant pour se dégager de la conception classique et faire retour au style gothique du moyen âge. Par son ornementation, elle appartient au style gothique primaire (XIIIe siècle), mais par ses dimensions, par l'élévation de ses nefs, par I’esprit général qui l'anime, elle se rapproche plutôt des édifices brabançons de la période gothique secondaire ou rayonnante (XIVe siècle).

Le monument fut érigé à la mémoire de Louise-Marie, première reine des Belges, en exécution d'un arrêté royal du 14 octobre 1850. Léopold ler en posa la première pierre Ie 27 mai 1854, mais les travaux avancèrent lentement et aujourd'hui encore I'église est inachevée. Elle fut consacrée Ie 7 aout 1872.

Le Gouvernement mit au concours Ie plan de la construction. Un jeune architecte, qui depuis devint illustre, Joseph Poelaert, rem­porta Ie prix. Son oeuvre, sans être exempte de critique, a une grande envolée et est bien supérieure à I'église de Sainte-Catherine que Ie même architecte entreprit, également en 1854, mais où il mêla. sans trop y réussir Ie style gothique au style de la Renaissance.


En 1908, à l'initiative de Léopold II, on reprit les travaux interrompus depuis l'époque de la consécration du temple. On consolida les fondations et un architecte de Munich, von Schmidt, construisit devant l'édifice un triple porche où l'on découvre, dans la rosace du moins, une note flamboyante. II couronna la tour d'une flèche.

Il reste à exécuter les sculptures extérieures de l’édifice et !'intérieur du chœur. La décoration du cote Nord, terminée en grande partie, a été exécutée sous la direction de l'architecte De Curte.

 

L’église a une façade monumentale, composée de trois parties qui répondent aux trois grandes nefs qui la divisent. La tour qui s'élève au-dessus de l'entrée principale, est précédée d'un porche à trois entrées, nouvellement ajouté, et accostée de deux tours plus petites. Elle est couverte, non d'ardoises, mais de pierres blanches ajourées, et rappelle par là la tour de l'Hôtel de Ville et celle de l’église d'Anderlecht. Des fleurons sont échelonnés Ie long des arêtes.

 

Le nouveau porche accentue Ie caractère monumental de l'édifice. Les entrées sont profondes, ornées de part et d'autre de colonnettes et recouvertes, non de voussures, comme Ie comporte Ie style gothique, mais d'une simple voute, traversée de distance en distance par une espèce d'arc doubleau. La partie supérieure est taillée à jour et l'on remarque, au centre, une immense rosace également ajourée qui se trouve un peu en avant de la façade primitive.

Les côtés latéraux présentent cette particularité qu'ils comportent une galerie ouverte, surmontée de gâbles* triangulaires, entre lesquels s’élèvent les contreforts. Contre ceux-ci viennent buter les arcs-boutants qui doivent neutraliser la poussée de la nef. Celle-ci est entourée d'une balustrade.

Derrière Ie chœur se trouve un dôme polygonal d'un effet plutôt disgracieux. Il recouvre la crypte royale.

L'église n'est pas orientée comme la plupart des églises. Le chœur, en effet, n'est pas dirigé vers l'Est, mais vers le Nord-Ouest. Cette exception s'explique. C'est que la façade principale devait servir de décor de fond à la nouvelle avenue de la Reine.

En pénétrant dans l’église on éprouve une certaine impression à la vue des trois nefs, d'égale hauteur et d'une très grande élévation, séparées par des piliers élancés. Un examen plus approfondi ne tarde cependant pas à faire découvrir certaines imperfections. Les colonnes sont bien minces par rapport à leur hauteur et la voute, trop surbaissée, semble comprimer brusquement leur élan. Quant aux dimensions du plan, on ne peut pas encore s'en faire une juste idée. Derrière Ie maitre-autel pend une toile qui cache une grande partie du cœur et du déambulatoire. Un œil avertit aura remarqué également que les piliers ne sont pas en vraie pierre, mais en briques recouvertes de ciment, et que les chapiteaux, d'une régularité parfaite, ne sont que des moulages. C'est là un artifice que les constructeurs des cathédrales du moyen âge n'auraient certainement pas toléré !

L'église est en forme de croix latine. Elle compte trois grandes nefs comme l’église de Saint- Joseph au Quartier Léopold, que Suys venait d'achever au moment où Poelaert commença la sienne. Des colonnes faites d'une série de colonnettes engagées les séparent. Les chapiteaux sont ornés, comme Ie veut Ie style gothique primaire, de feuilles simples qui s'enroulent à leur extrémité en forme de crochets.

Sur Ie maitre-autel, Vierge du XIIIe. Dans la crypte, reposent les souverains de Belgique (ouverte seulement le jour anniversaire de la mort d'un membre de la famille royale).


Laeken fait actuellement partie du territoire de la Ville de Bruxelles, auquel il a été annexe par la loi .du 30 mars 1921.

*  surface décorative pyramidée , à rempnts moulurés,qui couronne certains arcs


 
A gauche de l'église, sur une petite place, s'élève Ie monument beige au Soldat
Inconnu français,
en pierre bleue, sculpté par Desmare (1927) : au sommet d'une
pyramide, quatre soldats belges portent un sarcophage. A droite, buste en
pierre du maréchal Foch élevé en 1951 pour commémorer son centenaire
(œuvre du sculpteur de Soete).
En arrière, dans Ie cimetière où reposent de nombreuses personnalités, s'élève Ie
chœur de style gothique primaire de l'ancienne église (vers 1275).
Dans l'axe de ce chœur, une grande chapelle funéraire renferme Ie tombeau
de la Malibran (1808-1836), femme du violoniste de Beriot (statue de la
célèbre cantatrice par G. Geefs). Notons encore les tombes des peintres Navez,
Portaels, Mellery,
du poète Van Hasselt, d' E.Picard, de la pianiste Marie Pleyel, etc.


A droite de l'église, l'avenue du Parc Royal longe Ie parc et Ie château de Laeken.
Au bas de l'avenue
(a dr.), monument élevé à la mémoire de la Reine Astrid
(sculpteur J. Boedts). Le parc (160 ha)  fut créé en 1880 par Léopold II autour du
château qui avait été construit par Ie gouverneur autrichien Albert et sa
femme Marie-Christine (de 1782
à 1784; architecte Montoyer).


Napoléon y résida
a plusieurs reprises et en 1812 y signa la déclaration de guerre à
la Russie. En 1890, ce château fut ravagé par un incendie et ensuite restauré..

Devant la grille du chateau, une avenue conduit vers la Montagne du Tonnerre
(alt. 60 m), où s'élèvent Ie monument de Léopold ler, haut de 50 m (1880; statue
du roi par Geefs) et Ie petit palais du Belvédère (XVIIIe s.). En contrebas, la
chapelle Sainte-Anne
et une fontaine datant de 1625.
 





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