| Le quartier où s'enlève l'église
du Finistère et où passe aujourd'hui une des rues
les plus mouvementées de la Ville, était au moyen âge
très peu bâti. On y trouvait de vastes blanchisseries
et des jardins potagers. Une âme pieuse y fonda, au XVe
siècle, une petite chapelle appelée de Venstersterre,
d'où le nom actuel de Finistère.
En 1617, des rues nouvelles furent créées dans ce quartier,
parmi lesquelles la longue rue Neuve. En même
temps, on reconstruisit de 1618 à 1620, la petite chapelle. La population
devenant de jour en jour plus dense, on érigea en église
paroissiale, en 1646, la nouvelle chapelle du Finistère. En 1654,
il fallut songer à l'agrandir. Cinquante ans plus tard, on
décida la construction d'une église monumentale, digne de
l'importance acquise par le quartier de la rue Neuve.
En 1713, les membres du Conseil d'Etat posèrent solennellement la
première pierre de la nouvelle construction. Pour couvrir
les frais on organisa une loterie, mais un des commis préposés
à la perception de l'argent ayant emporté une partie des
fonds, il faillit momentanément renoncer aux travaux. lis furent
repris et achevés vers 1730.
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Le nom de l'architecte est inconnu. Telle qu'elle se présente, l'ordonnance de la façade manque d'harmonie. A voir le rez-de-chaussée, on peut dire que l'architecte du Finistère, comme celui des Minimes, a voulu retourner aux principes de la Renaissance classique. L'avant-corps central est flanqué de deux grandes colonnes doriques engagées, couronnées d'un fronton triangulaire. Il est relié par une courbe à deux arrière-corps rectilignes, ornés de pilastres doriques. Au contraire, dans la partie supérieure édifiée au XIXe siècle, il y a un mélange de style classique et d'ornements empruntés au baroque flamand, par exemple la courbe qui relie les arrière-corps au premier étage et surtout les torchères. Toute cette partie d'ailleurs est fort lourde et disproportionnée. De part et d'autre, on a accolé à l'église deux petits bâtiments, surmontés de très mauvaises statues; celle de Saint-Joseph surtout est tout à fait inférieure, |
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L'intérieur est plus intéressant que l'extérieur.
L'église est cornposée d'un beau vaisseau à 3 nefs,
séparées par 8 colonnes ioniques modernes dont les bases
reposent sur des plinthes carrées. Partout il y a une profusion
d'ornements en stuc. Les murs des bas côtés sont décorés
de panneaux au centre desquels se dessine un médaillon avec figure
de saint.
Le chœur se termine en abside hémisphérique ornée de 4 pilastres à chapiteau composite. Il est éclairé par 4 fenêtres. L'architrave est décorée d'une frise en stuc, les trumeaux de longues chutes de raisins et d'épis. D'autres ornements encombrent les panneaux de l'abside. Le maître-autel, en marbre blanc, n'est pas sans mérite. Il fut exécuté par A.-J. Leclercq en 1853. Au-dessus, une statue de la Vierge soutenue par deux anges. Les boiseries des stalles, en style Louis XIV, sont ornées de médaillons représentant les douze Apôtres. On les attribue à J.-B. Van der Haeghen (début du XVIlle). La chapelle latérale droite a le même décor en stuc que le chœur. L'autel a été également exécuté par A.-J. Leclercq. On y voit une Fuite en Egypte par J. Van Severdonck (vers 1859). Le banc de communion, en style Louis XIV, est intéressant. Il est orné de deux médaillons représentant d'un côté une sainte martyre, probablement Sainte Apolline devant son juge, de l'autre la même sainte marchant au bûcher. Il est ancien et provient de l'ancienne église des Augustins où cette sainte était particulièrement honorée. Adossée au pilier, une statue de Sainte Barbe, par Joseph Geefs. La chapelle latérale gauche est ornée d'un tableau, Saint
Philippe de Néri devant la Vierge, par Gaspard De Crayer.
Les boiseries et les confessionnaux qui garnissent les murs des collatéraux,
en style Louis XIV, présentent un certain intérêt.
Au jubé, deux statues, David et Sainte Cécile. Balustrade ornée d'angelots. Les quatre grands tableaux de confrérie, en bois de chêne sculpté, qui ornent les dernières colonnes, méritent d'être remarqués. Les tableaux du Chemin de la Croix ont été peints, de
1850 à 1852 par différents peintres; J. Van Severdonck, E.
Bouillot, Ch. De Groux, L. Bonet, H. Houzé, Albert Roberti,
E. Leclercq, L. Tiberghien et Ch. Wauters. Les verrières
sont de la même époque.
De là elle fut transférée au Finistère en
1814, lorsque l'église des Augustins fut convertie en temple protestant.
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