l'église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage.
 
 
 

Construite en 1676 et attribuée à l'architecte L. Fayd'herbe. Sa base est gothique (plan en croix latine) mais fut revêtue d'un « habit baroque » de style italo-flamand. Sa façade à trois pignons de hauteur dégressive est flanquée d'une tour octogonale. L'intérieur est remarquable pour ces tableaux de Van Loon, ses confessionnaux surmontés d'anges et sa chaire XVIII habitée par saint Dominique. Un divin mélange de styles.

Les béguinages sont des ensembles de petites maisons particulières entourées d'une enceinte et autrefois occupées par des béguines, ils sont typiques de la Flandre. Outre les petites maisons, un béguinage se compose également d'une église, d'une place et de petites rues.

Aux XIIème et XIIIème siècles en Allemagne, en Hollande et dans les Flandres, à une époque de grande vitalité religieuse, se développe un mouvement semi-religieux, le mouvement béguinal (béguines et bégards). Ces Béguines réunies en communauté, qui viennent de la noblesse et de la bourgeoisie ( souvent à la suite d’un veuvage ou de malheurs matrimoniaux), puis plus tard du peuple, se veulent libres et autonomes : libres de vivre leur quête spirituelle et leur soif d'Amour divin sans avoir à prononcer de vœux, contrairement aux religieuses. Elles souhaitent simplement suivre la pratique des conseils évangéliques. Ces femmes fières et ardentes s'adonnent à la prière, à la méditation et à la contemplation, à l'ombre d'une abbaye, d'un havre de paix (béguinage de Bruges). Elles consacrent également leur temps à visiter les malades et à confectionner des dentelles. Elles suivent la règle de l’ordre franciscain (Saint François).
Mais leur émancipation spirituelle créera des conflits avec les autorités religieuses et cette innovation inquiétera au plus haut point l'Eglise officielle masculine qui la qualifiera d'hérétique et qui la combattra violemment. Les béguinages disparurent peu à peu, et seules des béguines y vivent encore de nos jours, principalement en Belgique (une 20aine); elles se vouent à la prière, au soin des malades et font également des travaux de dentelle. Les plus célèbres béguinages sont ceux de Gand et de Bruges.

La communauté des béguines de l’église ici date de 1250. Elles étaient jusqu’à 1200 dans les alentours de l’église. Il faut imaginer l’endroit entouré de champs et de vergés… En plus de la dentelle etc. celles qui vivaient ici dirigeaient une blanchisserie, un hôpital et un moulin !
En octobre 1998, des sans-papiers investissent l’église du Béguinage à Bruxelles et s’y installent. Objectif : contribuer à un débat sensé débloquer la situation des clandestins en Belgique. Décision est prise d’occuper l’église jusqu’en juin 2001, date à laquelle le gouvernement a fixé l’échéance de sa campagne de régularisation qui s’illustre par une fameuse stagnation. L’église aura comme fonction d’être un lieu d’accueil pour les sans-papiers auxquels les autorités ont refusé la demande de régularisation et qui se retrouveront dans une situation extrêmement périlleuse et précaire.
Le 25 novembre 2000, une vingtaine de sans-papiers qui occupaient l’église du Béguinage à Bruxelles ont dû quitter les lieux qui leur servaient de refuge, après l’incendie du toit de l’édifice, mais surtout après plus de deux ans d’occupation et de lutte. Une lutte de plus en plus ignorée. Ce serait un court-circuit qui aurait provoqué le feu dans le toit du bâtiment. La façade est intacte et on espère que les travaux remettront en état une des plus belles églises de la ville.
 
 

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