La place et l'église
Sainte-Catherine






Ste-Catherine


Photo réalisée par Claude Carlier lors des
"Plaisirs d'Hiver" 2007
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Dès 1200, on mentionne Ia chapelle de Sainte-Catherine, adossée au rempart de Ia ville. Elle fut remplacée, au XIV-XVe siècle, par une église en style gothique. Au commencement du XVIIe siècle, en 1629, l'oratoire fut agrandi et complètement transformé. C'est à cette époque aussi qu'on commença Ia construction de Ia tour, mais les travaux furent sans cesse interrompus. En 1664, Ie Magistrat de Ia ville accorda un subside de 1 000 patacons* « pour terminer Ia tour qui, depuis plus de vingt ans, restait inachevée et couverte de paille ». Lors de Ia démolition de l'ancienne chapelle, en 1893, on a eu l’heureuse idée de la conserver. Restaurée, elle jette une note joyeuse dans Ie panorama de Ia ville.

L'église était très vétuste et ses fondations ruinées par l’humidité quand on décida de la remplacer par une nouvelle construction. Après les inondations de la Senne, en 1850, on combla Ie bassin de Sainte-Catherine et sur cet emplacement on éleva l'église actuelle, d'après Ies plans de l'architecte Poelaert et de Wynand Janssens. Le duc et la duchesse de Brabant en posèrent Ia première pierre Ie 25 septembre 1854.

L'architecte a visé à l’originalité. II a mélangé plusieurs styles sans parvenir toutefois à les amalgamer et a en faire jaillir une œuvre originale et harmonieuse. Certains principes sont empruntés au style de la Renaissance, tels Ie plein cintre, la .colonne corinthienne, la forme des édicules qui surmontent les contreforts; D’au­tres appartiennent au style gothique, les contreforts, Ia division des fenêtres, les arcs-boutants, Ie plan en croix Iatine de l'édifice.

On peut critiquer Ie manque de proportions des différentes parties de I'édifice, de la façade surtout, l'emploi de motifs ornementaux sans corrélation avec leurs fonctions originelles, par exemple: Ies colonnettes extérieures servant de soutien à un socle. la fausse balustrade qui longe Ie rampant du gable, les contreforts qui s'achèvent par une colonne et qui, par conséquent, ne répondent plus à l'idée de résistance à une poussée, la forme assez imprévue des gargouilles, etc. Néanmoins, cette église est intéressante parce qu'elle marque, comme l'église de Saint-Joseph, de Saint-Boniface et de Sainte-Marie, une tentative d'invention architecturale nouvelle.

L'intérieur est divisé en trois nefs, séparées par six colonnes dont la structure rappelle à la fois Ie pilastre de la Renaissance et Ie faisceau de colonnettes du style gothique.

Si Ie plein cintre des fenêtres et de la voute fait songer au style roman, Ie meneau central et la rosace qui divisent la fenêtre ramènent l'esprit au style ogival. La partie supérieure de Ia nef centrale est éclairée, comme dans les églises gothiques, par de hautes fenêtres, en dessous desquelles règne un simulacre de triforium**.




* Un patacon ou patagon est une pièce de monnaie en argent des XVIIe et XVIIIe siècle. Lorsqu'elles n'ont plus été disponibles ou sont devenues trop chères, elles ont été remplacées par une plaque en terre glaise cuite

** Etroite galerie au dessus des grandes arcades, ouverte par une suite de baies sur la nef u le choeur




Marie-Flore Stagno a rédigé toute une étude sur cette église


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