| La
place et l'église
Sainte-Catherine |
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Dès 1200, on mentionne Ia chapelle de Sainte-Catherine, adossée
au rempart de Ia ville. Elle fut remplacée, au XIV-XVe siècle, par une église
en style gothique. Au commencement du XVIIe siècle, en 1629, l'oratoire fut
agrandi et complètement transformé. C'est à cette époque aussi qu'on commença
Ia construction de Ia tour, mais les travaux furent sans cesse interrompus. En
1664, Ie Magistrat de Ia ville accorda un subside de 1 000 patacons* « pour
terminer Ia tour qui, depuis plus de vingt ans, restait inachevée et couverte
de paille ». Lors de Ia démolition de l'ancienne chapelle, en 1893, on a eu l’heureuse idée
de la conserver. Restaurée, elle jette une note joyeuse dans Ie panorama de Ia
ville. L'église
était très vétuste et ses fondations
ruinées par
l’humidité quand on décida de la remplacer par une
nouvelle construction. Après
les inondations de la Senne, en 1850, on combla Ie bassin de
Sainte-Catherine
et sur cet emplacement on éleva l'église actuelle,
d'après Ies plans de l'architecte Poelaert et de Wynand
Janssens. Le duc et la duchesse de Brabant
en posèrent Ia première pierre Ie 25 septembre 1854. L'architecte a visé à l’originalité. II a mélangé plusieurs
styles sans parvenir toutefois à les amalgamer et a en faire jaillir une œuvre
originale et harmonieuse. Certains principes sont empruntés au style de la
Renaissance, tels Ie plein cintre, la .colonne corinthienne, la forme des édicules
qui surmontent les contreforts; D’autres appartiennent au style gothique, les
contreforts, Ia division des fenêtres, les arcs-boutants, Ie plan en croix
Iatine de l'édifice. On peut critiquer Ie manque de proportions des différentes
parties de I'édifice, de la façade surtout, l'emploi de motifs ornementaux
sans corrélation avec leurs fonctions originelles, par exemple: Ies colonnettes
extérieures servant de soutien à un socle. la fausse balustrade qui longe Ie
rampant du gable, les contreforts qui s'achèvent par une colonne et qui, par conséquent,
ne répondent plus à l'idée de résistance à une poussée, la forme assez imprévue des
gargouilles, etc. Néanmoins, cette église est intéressante parce qu'elle
marque, comme l'église de Saint-Joseph, de Saint-Boniface et de Sainte-Marie,
une tentative d'invention architecturale nouvelle. L'intérieur est divisé en trois nefs, séparées par six
colonnes dont la structure rappelle à la fois Ie pilastre de la Renaissance et
Ie faisceau de colonnettes du style gothique. Si Ie plein cintre des fenêtres et de la voute fait songer
au style roman, Ie meneau central et la rosace qui divisent la fenêtre ramènent
l'esprit au style ogival. La partie supérieure de Ia nef centrale est éclairée,
comme dans les églises gothiques, par de hautes fenêtres, en dessous desquelles
règne un simulacre de triforium**. |
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| * Un patacon ou patagon est une pièce de
monnaie en argent des XVIIe et XVIIIe siècle.
Lorsqu'elles n'ont plus été disponibles ou sont devenues
trop chères, elles ont été remplacées par
une plaque en terre glaise cuite ** Etroite galerie au dessus des grandes arcades, ouverte par une suite de baies sur la nef u le choeur |
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