| l'incroyable
saga
du Palais des Congrès de Bruxelles |
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Le Palais
des Congrès de Bruxelles a été inauguré
en 1958, à l'occasion de l'Exposition internationale et universelle
de Bruxelles 1958.
Les travaux, commencés en 1952, coïncidèrent avec la rénovation du Mont des Arts - dédié à Albert I - et l'édification de la bibliothèque Albertine |
Bruxelles étant devenue
de
facto capitale de l'Europe
dès 1958, pendant
45 ans, le Palais des Congrès
contribua très rapidement
à l'essort de l'horeca
bruxellois et à la
création de multipes sociétés de
services associées
de près ou de loin à ce que l'on
qualifie souvent d'industrie
du meeting.
Le premier
salon professionnel "Meeting" sera créé en 1987 par M
Bernard de
Crayencour à l'Autoworld. Il sera ensuite organisé aux
Pyramides
et fusionnera plus tard avec "Weltra" fondé par M. Marc
Hedo dans
la foulée du salon "Welcome Fair".
En 2000 ce
salon émigrera hélas en Flandre...
Heureusement,
on créera en 2001. le salon "EMIF" pour reprendre le
fambeau bruxellois.
Cet historique est détaillé et commenté
ici.
Bruxelles s'imposera très
vite comme un important centre
de conférences internationales
et montera rapidement dans
le peloton de tête
du classement mondial des villes de
congrès en occupant
la 2e (172 congrès organisés en 1997)
ou la 3e place
suivant les années.
Le rôle économique
majeur du Palais des Congrès devient
aussi un constat: chaque
million investi en génère une
vingtaine, avec les retombées
que l'on devine pour l'emploi
bruxellois.
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| Le Palais des Congrès vu depuis la place Royale |
Entrée
du Palais des Congrès par les jardins
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Ce beau tableau va vite fondre au soleil...
- le Palais des Congrès
n'est guère entretenu ! Les admirables
fresques de Paul Delvaux
et de René Magritte qui le décorent
ruinent sous l'humidité;
les tapis de sol et les fauteuils pourissent...
- l'élargissement
de l'Union européenne implique l'arrivée de
nouveles langues alors que
les cabines de traduction restent
lamentablement sous-équipées
- la technologie des congrès
évolue (du rétro-projecteur à la
projection numérique
!) et les infrastructures deviennent très
vite obsolètes
- la concurrence s'organise
et évoue plus vite, avec de nouvelles
installations, aussi bien
en Belgique qu'en Europe où plusieurs
villes ont plusieurs
centres de congrès !
Dès la création
de la Région de Bruxelles-Capitale (18 juin 1989),
les milieux professionnels crient casse-cou : les infrastructures
obsolètes du Palais des Congrès ne tiennent plus la route
face aux nouveaux centres de congrès qui se sont ouverts de par
le monde et particulièrement dans les villes directement concurrentes
de Bruxelles (par ex. Vienne, Monaco, Singapour).
Cette question primordiale avait déjà
été à l’ordre du jour des ‘Assises
du Tourisme’ (1994) du ministre bruxellois Dominique Harmel et abordée
à maintes reprises dans InfOfax et bien d’autres publications
professionnelles.
Faut-il rappeler que dès 1992 le secteur privé avait réagit ?
En se basant sur le fait que les grandes villes françaises ont
souvent plusieurs centres de congrès, l’architecte français
Paul-David Perraudin établi les plans d’ Eurocomm XXI , un
centre de congrès et d’exposition international, assez futuriste.A
construire sur un terrain ‘oublié’ de la Ville de Bruxelles, à
proximité de la ligne 26 du futur RER .
C’est un projet ambitieux, portant sur 67 000 m² avec une salle
de 4 000 places et des salles de commission. Un budget de 2 milliards de
francs belges (de l’époque).
Il enthousiasme S.M. le Roi Baudouin qui en félicitera les auteurs
le 26 juin.
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| Détails
dans la presse: |
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Feu S.M. le Roi Baudouin interviendra auprès des autorités régionales pour soutenir ce projet dont le financement, à hauteur de 2 milliards de francs belges, avait pu être assuré en quelques jours grâce à cet appui de choix par un conglomérat bancaire belgo-lexembourgeois disposant de fonds en BEF.
Malgré les efforts de ses concepteurs, ce projet ne se fera malheureusement
pas !
On sait aujourd’hui pourquoi.
Des décès.
De feu S.M. le Roi Baudouin. De M. Jean-Louis Thijs, ministre des Travaux
publics.
De M. Brouhon, bourgmestre de la Ville.
Des comportements inacceptables.
L’ampleur du projet suscita aussi des comportements « curieux
», notamment au niveau de
Le refus des concepteurs de rentrer dans ce genre de ‘petit jeu’ est
d’ailleurs toujours visible aujourd’hui ! En toute hâte, on
a en effet construit une école en préfabriqué sur
le terrain du projet! Et, au Heysel, on – la Foire Internationale
- a tout aussi vite édifié l’Auditorium 2000 , une
horreur de salle de réunion...
D’évidence, « Eurocomm XXI » ne plaisait pas
à tout le monde !
Quelques années plus tard, le 11 mai 1999, l'asbl Bruxelles Congrès tire elle aussi la sonnette d'alarme et publie un livre rouge sous le titre pertinent de Bruxelles, ville de congrès pour combien de temps encore ?
Sans émouvoir trop
de monde... Dans le contexte de la mentalité à la belge:
"ça ira toujours, on est des bons..."
Quatre ans plus tard !
Ayant eu l’occasion de parcourir l’inventaire des propriétés régionales, le groupe BxXL et l’architecte Nour-Eddine Layachi proposent en avril 2002 la construction d’un nouveau Centre de congrès et d’un vrai hôtel ****** sur le site de l’hippodrome de Boitsfort.
Anticipant sur l’entrée en vigueur du Traité (européen)
de Nice (le 1er février 2003), où l'on avait décidé
de tenir tous les Sommets européens à Bruxelles, BxXL propose
une implantation sur les terrains de l’hippodrome, propriété
régionale. En effet, le blocage, même réduit, du quartier
Schuman a montré ses limites économiques et environnementales.
Par contre, la construction d’un bâtiment dédié
aux Sommets (pendant quelques jours par an) et exploité comme centre
de congrès (le reste de l’année) reste une solution de choix.
Puisque le site de l’hippodrome est facilement sécurisable sans
grands inconvénients pour les Bruxellois. Il est notamment
accessible par voie aérienne (hélicoptère).
L’hôtel de rang 6 étoiles étant lui destiné
à la « Jet Society » ne disposant pas encore d’établissement
du genre à Bruxelles et visant évidemment à apporter
une clientèle de ‘haut luxe’ au Casino.
Situé en réalité sur la commune d’Uccle, cette
propriété régionale méritait d’être valorisée
et ce projet avait particulièrement retenu l’attention de quelques
gros investisseurs de la région du Golfe.
Le groupe d’architectes schaerbeekois d’origine marocaine apportait
également sur un plateau d’argent un financement de 10 millions
de $ originaires des Émirats Arabes Unis.
C'était offrir à Bruxelles, capitale de l’Europe, un véritable
petit hôtel de super-haut luxe couplé à des surfaces
d’exposition et de congrès de haut niveau.
| en haut, à droite,
l'entée de l'avenue Frankin Rooseelt
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Ce projet intégrait bien évidemment le fameux Casino de Bruxelles qui aurait pu y acquérir là ses quartiers de noblesse (une idée soutenue par feu Eric André) et sa clientèle de public international VIP qui ne fréquentera évidemment jamais un… centre Anspach même rénové !
On sait que d’autres décisions sont intervenues très mal à propos à ce niveau. Et l'on connaît la suite des événements. La première guerre du Golfe. La décision de la Ville de Bruxelles d’établir un casino-ke-ke provisoire à la Madeleine avant d’en prévoir un à Anspach. Enfin, la décision fédérale de transformer le Résidence Palace pour accueillir les sommets européens, en transfigurant l’œuvre de l’architecte Polak.Il appert que toute politique ambitieuse de développement international de Bruxelles est contrée par d’aucuns qui y ont évidemment intérêt !
L’Histoire jugera du bien fondé des décisions intervenues.
Mais il est évident que le projet initié par l’architecte
Nou-Eddine Layachi et ses collègues a fait peur. Cet architecte
à qui l’on a refusé le projet d’une seconde mosquée
incarne sans doute trop une forme de présence financière
arabe qui est loin de faire l’unanimité au sein des instances fédérales
et régionales.
En mai 2003, on met enfin
en oeuvre une décision poitique datant
de 1998, à savoir
qu'on décide de rénover et au passage d'enlever
toute l'amiante qu'il contient
! On ferme le Palais des Congrès.
Et le désamiantage
est préalable à tous les autres travaux.
Le bureau d'architecture
A.
2R. C. dresse les plans d'une ambitieuse
rénovation
mais l'argent manque... Et il faut au moins
Une vérité saute aux yeux de toute personne intelligente.
A savoir qu’avant de fermer le Palais des Congrès, il fallait évidemment en ouvrir un autre !
Très curieusement, là aussi, cela n’a pas été fait.
Et il reste bien des questions sans réponse !

Nul n’ignore que la fermeture du Palais des Congrès de Bruxelles
cause d’épouvantables pertes de chiffre d’affaire dans le milieu
Horeca bruxellois ainsi que dans toutes les PME associées de loin
ou de près à cette importante activité économique
bruxelloise qui concerne aussi maîtres d'hôtels, taxismen,
chauffurs de cars, vendeurs de souvenirs, fleuristes, restaurateurs, guides,
etc, etc.
Il appert de plus en plus que la Régie (fédérale) des Bâtiments ne joue pas un très beau rôle dans ce dossier. En effet, cet organisme qui compte en son sein une majorité de fonctionnaires flamands dont certains, c’est prouvé, ont même hélas des liens très étroits avec un parti non démocratique du Nord du pays a tout fait pour que ce dossier soit traité avec retard.
On ne compte plus les peaux de bananes qui ont été glissées sur son cheminement !
Tout ceci évidemment au profit d’autres
centres de congrès qui se sont fait un plaisir de « recueillir
» les organisateurs ne sachant plus où aller,
Bruxelles étant
« fermé ».
Il suffit de parcourir l'agenda des centres de congrès de Gent, d’Antwerpen et du tout nouveau et dès lors tout moderne centre de congrès de Mechelen.
Ceci évidemment sans oublier Lisbonne, Monaco, Vienne et d’autres qui ont aussi « récupéré » des congrès bruxellois par tradition.
C’est dramatique.
Parce que ces congrès ne reviendront sans doute pas. L’effet « capitale de l’Europe », quoi qu’on en dise, ne suffira pas à créer un effet retour.
Et ce d’autant plus que le calendrier bruxellois
est très lointain et vague. En qualité d’organisateur, vous
ne prendrez jamais le risque d’organiser un événement d’ampleur
dans un chantier non terminé !
En décembre 2004, dans le contexte des accords Beliris (entre
l’État fédéral et la Région de Bruxelles-Capitale),
on annonce qu’un crédit de 5 500 000 € est affecté à
la construction d’un
« Centre international de conférences
» sur le plateau du Heysel dont le coût devrait être de 250 000 000 € (déclaration
de M. F. Thielemans ) à un milliard d’euros !
On voit qu’oh sont combien nombreuses et multiples les interventions directes et cachées de la Ville de Bruxelles dans ce dossier compliqué ! Comment expliquer autrement le sabotage ? le Rainbow-Warrior ? de projets aussi étayés et financés ?
Les liens qui unissent la Ville de Bruxelles à l’asbl Foire Internationale de Bruxelles (organisation chapeautant notamment Brussels Expo) sont bien connus. Ce qui explique évidemment cette tendance à tenter de tout regrouper, de tout développer sur le Heysel (cfr le projet de salle de 8 000 place sur le site du Trade Mart)
Question : faut-il absolument développer
toute cette infrastructure au Nord du Canal ? Ne conviendrait-il pas de
la répartir sur d’autres noyaux régionaux (notamment sur
les ZIR) ?
La Foire Internationale de Bruxelles rémunère
à raison de 50 000 € annuels pas moins de 8 (lire huit) vice-présidents.
Le poste de président, attribué d’office au mayeur de la
Ville est également très bien rémunéré,
ce en plus d’avantages en nature (voiture, chauffeur de fonction, bar,
etc.)
Manque de subsides,
défaut de prévoyance au sein de la Régie des Bâtiments,
une administration fédérale déjà bien empêtrée
dans tous les problèmes du Berlaymont qui va coûter une fortune
à chaque Belge âgé de 0 à 77 ans !
Si le désamiantage
des vieilles installations était évidemment indispensable,
on peut s’étonner de la planification des travaux qui s’apparente
à un assassinat commercial :
Fermer un centre
de congrès pendant trois ans est un pari dangereux : la clientèle
habituelle va évidemment ‘voir ailleurs’ et y prendre de nouvelles
habitudes. Les grands événements se préparant et se
planifiant plusieurs années à l’avance, on peut même
oser écrire que le risque pris est ici insensé ! Et
ce d’autant plus, hélas, si les craintes d’importants retards dans
le financement des travaux de rénovation se confirment ! Lire Le Soir : le
palais des mille et un tracas (15-11-2005)
Faut-il rappeler
qu’il y avait d’autres solutions plus intelligentes ?
| En plein centre-ville, il y avait encore en 2004
de grandes surfaces disponibles pour édifier un nouveau centre
de congrès ! Voir par exemple en face de l'Albertine [secteur
des rues de l'Hôpital et de l'Escalier] ('on vent d'y faire du
logement) ou encore à l'arrière de la petite rue des
Bouchers [rue du Marché].En travaillant essentiellement en sous-sol, évidemment. |
| En 2007, suite aux ventes de terrains de la
SNCB, il est évident qu'un nouveau Palais des Congrès
peut-être envisagé sur le site de Delta, à
proximité du 2° pôle européen de Bruxelles ! Les moyens de communication sont là (métro, SNCB, RER, autoroute E-40) et le site est tout proche des restaurants ixellois et des sites universitaires de l'ULB - VUB tout en offrant des possibilités importantes de parking. |
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