statues
des comtes
d'Egmont
et
de
Hornes
Lamoral, comte
d'Egmont, prince de Gavre, naquit le 18 novembre 1522 au château
de la Hamaide, dans l'ancienne châtellenie d'Ath. En 1541,
il prit part à l'expédition de Charles-Quint contre Tunis
et se distingua dans la suite sur plusieurs champs de bataille, remporta
la victoire de Saint-Quentin sur l'armée française, le 10
avril 1557, et l'année suivante, le 13 août, celle de Gravelines,
qui consacra définitivement sa gloire militaire. D'Egmont
fut étroitement mêlé à la lutte que les seigneurs
nationaux soutinrent contre l'Espagne. Tout en protestant de ;a fidélité
au roi, il réclama l'abolition de l'inquisition, l'adoucissement
des placards contre les hérétiques, un pardon général
pour les nobles confédérés. Le 9 septembre 1567,
le duc d'Albe le fit arrêter, en même temps que le comte de
Hornes. Une commission spéciale et toute dévouée
au duc les jugea. D'Egmont fut accusé de crime de lèse-inajesté,
d'avoir favorisé les ennemis de la religion catholique et'd'avoir
médité le détrônement de Philippe Il comme souverain
des Pays-Bas; en réalité, il n'avait fait que défendre
contre la tyrannie espagnole les libertés, les institutions et les
droits du peuple belge. Le 4 juin
1568, le Conseil
des Troubles le condamna, ainsi que le comte de Hornes à la peine
de la décapitation. Celle-ci fut exécutée le
5 juin, devant la Maison du Roi.
Philippe de
Montmorency, comte de Hornes, compagnon d'infortune du comte d'Egmont,
naquit vers 15i8. Il se distingua sur les champs de bataille, et
quand la noblesse se ligua contre l'Espagne, il prit fait et cause pour
d'Orange, d'Egmont et Bréderode. Arrêté le 9
septembre 1567, il fut injustement accusé de lèse-majesté
divine et humaine et exécuté le 5 juin 1568. Le peuple
le vénéra comme une victime de la tyrannie de Philippe II.
L'artiste a représenté les deux
comtes marchant au supplice. D'Egmont, le chapeau sur la tête,
un mouchoir à la main, montre une allure énergique.
Le comte de Hornes tient sa toque de velours et pose sa main sur l'épaule
de son ami.
Le piédestal, très élevé,
d'un bon style gothique, est orné des arrnoiries des deux seigneurs.
Deux lansquenets se tiennent debout contre le socle. Sur une table
dorée on lit cette inscription : Aux comtes d'Egmont et de Hornes,
condamnés par sentence inique du duc d'Albe et décapités
à Bruxelles le 5 juin 1568. |
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| Vocabulaire ! |
| Certains
mots utilisés dans cette page ne sont pas usuels. Certains ne figurent
même plus dans les dictionnaires classiques !
Pour
les amateurs de rallyes automobiles voici quelques réponses utiles
! |
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| Amman : n.m. Titre donné à certains magistrats
locaux brabançons, flamands, lorrains, suisses,... dont les attrubutions
sont variables. |
| Brandevinier : n.m. Personne qui va, avec un alambic ambulant,
faire la distillation du vin, du marc ou des fruits chez les particuliers |
| Épinglier, ère : n. Personne qui vend ou qui fabrique
des épingles |
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Il faut savoir que les
neuf massifs de buis taillé qui agrémentent les pelouses
symbolisent les neuf
provinces belges de l'époque. |
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Le percement de la rue de la Régence, depuis la Place Royale
jusqu'à l'église en 1827, depuis l'église jusqu'au
Palais de Justice eu 1872, modifia l'aspect du Petit Sablon et entraîna
la disparition des maisons qui masquaient le collatéral droit de
l'église. Le grand portail fut dégagé en 1878.
Inauguré en 1890, le square du Petit Sablon est l’œuvre de l'architecte
Henri Beyaert (1823-1894). Il est entouré d'une superbe balustrade
en fer forgé aux motifs variés. De distance en distance
s'élèvent 48 colonnettes gothiques, toutes différentes
entre elles. Elles supportent d'élégantes statuettes
en bronze, personnifiant les corporations professionnelles de Bruxelles.
Cette balustrade est faite à l'imitation de celle qui entourait
les bailles de l'ancien palais des ducs au Coudenberg.
Commençons le tour en partant de l'entrée qui se trouve
vis-à-vis du portail latéral Sud de l'église :
1. Le Métier des Quatre Couronnés. On appelait
ainsi la corporation des maçons, tailleurs de pierre, sculpteurs
et ardoisiers. L'artisan tient de la main droite un compas, de la main
gauche un plan déroulé, à ses pieds un morceau de
sculpture et des outils de maçon et d'ardoisier. La statue
a été faite par God. Van den Kerckhove, qui lui a donné
les traits de l'architecte Beyaert.
2. Les Armuriers, Heaumiers et Fourbisseurs. Jeune homme
qui examine une épée; à ses pieds, un casque. (oeuvre
exécutée par le même).
3. Les Etainiers-Plombiers, par J. Cuypers. Attributs:
un rouleau de plomb et un soufflet.
4. Les Couvreurs en tuiles par Albert Desenfans. Signe
: une échelle.
5. Les Blanchisseurs par Jef Lambeaux. Signe: une pelle
6. Les Chaudronniers et Fondeurs, par le même. Signes:
pot, cannette et marteau.
7. Les Tourneurs de chaises, Plafonneurs-Couvreurs en chaume et
Vanniers par A. Van Rasbourgh. Signes: balustre tourné
et un panier en osier.
8. Les Chapeliers, Foulons et Brandeviniers,
par J. Cuypers. Signe: un chapeau.
9. Les Tanneurs par Albert Desenfans. Signe: une peau
de boeuf.
10. Les Fabricants de chaises en cuir d'Espagne et les Perruquiers,
par Jules Courroit. Signe: une chaise.
11. Les Arquebusiers, par Jean Van den Kerckhove. Signes
arquebuse et enclume.
12. Les Savetiers, par J. Laumans. Signe: une paire
de chaussures.
13. Les Marchands de poisson d'eau douce, par le même.
Signes: filets et poisson.
14. Les Cordonniers par Louis Van Biesbroeck. Signes:
bottes et chaussures.
15. Les Tondeurs de drap et Marchands de drap, par Eug.
de Plyni. Signe: des forces ou ciseaux.
16. Les Teinturiers, par Charles Geefs. Signes: un pot
à la main; récipient et fourneau sur le socle.
17. Les Ceinturonniers et Epingliers,
par A. Van Rasbourgh. Signe: des ceinturons.
18. Les Merciers, par Poli Comeyn. Attributs: balance
et écheveau de laine posés sur le socle.
19. Les Forgerons, par Cambier. Signe: un marteau.
20. Les Tisserands de toile et les Marchands de toile, par Eug.
de Plyn. Signe: une navette.
21. Les Fripiers, par A. D. K. Saïbas (Auguste Van den
Kerckhove dit Saïbas). Signes: chapeau et pièce d'étoffe.
22. Les Charpentiers, par le même. Signe: une hache.
23. Les Bateliers, par Edouard Laborne. Signes: rame,
cordages et ancre.
24. Les Drapiers et les Tisserands en laine, par B.-F.
Wante.
Signe: une navette.
25. Les Tailleurs, par Armand Cattier. Signes: vêtement
et ciseaux
26. Les Selliers et Carrossiers, par Robert Fabry. Signes.
selle et brancard de voiture.
27. Les Fruitiers, par Albert Hambresin. Signe: une corbeille
de fruits.
28. Les Peintres, Batteurs d'or et Verriers, par A.-J. Van Rasbourgh.
Signes: palette et brosse.
29. Les Serruriers et Horlogers, par J. Cuypers. Signes:
horloge et trousseau de clefs.
30. Les Marchands de vin, par Albert Hambresin. Signes:
bouteilles, gobelet et tonneau.
31. Les Marchands de drap au détail et les Chaussetiers,
par Robert Fabry. Signes: pièce de drap et chausses pendues
à la ceinture.
32. Les Barbiers et Chirurgiens, par J.-B. Martens. Signes:
un pot en main, pied posé sur une boite à instruments.
33. Les Légumiers et Scieurs, par Albert Hambresin.
Signe : une scie.
34. Les Couteliers, par J. Renodeyn. Signe: un couteau
dans une gaine.
35. Les Tonneliers, par Jules Courroit. Signe: cerceau
de bois.
36. Les Brodeurs et Pelletiers, par Armand Cattier. Signe
: un manteau de fourrure.
37. Les Ebénistes, par Aug. Van den Kerckliove
dit Saibas. Signes: rabot et compas.
38. Les Passementiers, par Emile Namur. Signes: cordelière
et
floche.
39. Les Orfèvres, par le même. Signes: une
châsse et un vase.
40. Les Graissiers, par P. Comeyn. Signes: une oie morte
et un flacon.
41. Les Gantiers, par Louis Van Biesbroeck. Signes: gants
en main et ciseaux à la ceinture.
42. Les Doreurs, par le même. Signes: palette, pinceau
et godet au mordant.
43. Les Meuniers, par Guillaume Charliei. Signes: roue
de moulin et moulin.
44. Les Marchands de poisson salé, par Charles Geefs.
Signes : poissons et petit tonneau.
45. Les Bouchers, par Edmond Lefever. Signes: coutelas
et trousse à la ceinture.
46. Les Tapissiers, par Albert Desenfans. Signe : une
bobine avec du fil.
47. Les Brasseurs, par jean Van den Kerckhove. Signe:
l'arbre.
48. Les Boulangers, par Emile Namur. Signe: une pelle
à enfourner.
Les statues, qui ornent le fond du square, célèbrent le
XVIe siècle période la plus tragique mais aussi
la plus glorieuse de notre histoire. Une pléiade d'hommes
d'énergie et de talent brisèrent les liens qui rattachaient
encore l'esprit humain au moyen âge et lui assurèrent la liberté
religieuse et scientifique. Grâce à eux, la Belgique
peut revendiquer une place illustre parmi les nations européennes.
Au centre, comme symbole de notre lutte contre la tyrannie espagnole,
se dressent sur un vaste piédestal les statues des comtes d'Egmont
et de Hornes. Ce groupe, que C.-A. Fraikin exécuta en 1864,
fut placé tout d'abord devant la Maison du Roi, à l'endroit
même où se trouvait l'échafaud sur lequel ces seigneurs
périrent. En 1879, il fut transporté ici, devant le
palais même du comte d'Egmont.
Dix autres statues entourent en hémicycle le groupe principal.
Elles glorifient les hommes qui, par leur action politique et par leur
génie, ont illustré le XVIe siècle belge.
Elles furent inaugurées le 20 juillet 1890.
A la gauche des comtes d'Egmont et de Hornes, nous trouvons:
1. Guillaume le Taciturne, prince d'Orange (1533-1584), par Cliarles
Van der Stappen. Guillaume fut le principal acteur de la révolution
contre l'Espagne. Il souleva le pays contre Philippe Il et fonda
la république des Provinces Unies. Sa tête ayant été
mise à prix par le roi d'Espagne, il fut assassiné, le 10
juillet 1584, par Balthazar Gérard. Le personnage, dont les
traits accusent l'énergie et la ténacité, est représenté
tenant de la main droite le bâton de commandement, la main gauche
appuyée sur l'épée.
2. Louis Van Bodeghem (c. 1470-1540), par Jean Cuypers.
Architecte célèbre qui s'occupa de la construction de la
Maison du Roi et fit les plans de l'église de Brou en Savoie.
Il est représenté tenant d'une main le plan de cette église,
de l'autre les instruments dc sa profession.
3. Henri de Bréderode (1531-1568), par A.-J. Van Rasbourgh.
Il personnifie avec le Taciturne et Marnix la résistance patriotique
contre la tyrannie. Ce fut lui qui remit à Marguerite de Parme
la requête des nobles confédérés. Au banquet,
il proposa aux convives d'adopter le nom de gueux. Voilà pourquoi
l'artiste a attaché à l'épaule du personnage l'écuelle
et la besace, signes des gueux, qui avaient comme devise Fidèles
au roi jusques à porter la besace.
4. Corneille De Vriendt dit Floris (1518-1578), par Jules Pécher.
Sculpteur et architecte, fit le splendide tabernacle de l'église
de Léau, l'Hôtel de Ville d'Anvers, la Maison hanséatique
de cette même ville et travailla à la cathédrale de
Tournai dont il sculpta le jubé.
5. Rombaud Dodonée (1518-1585), par Alph. de Tombay.
Dodoens ou Dodonoeus fut le plus savant botaniste de notre pays; il était
aussi médecin et professa à l'Université de Leyde.
Il s'occupa de cosmographie et de physiologie, mais ses travaux les plus
remarquables se rapportent à la botanique. Il écrivit
l'histoire des Plantes et publia un herbier flamand sous le titre de Cruydeboeck,
dédié à Marie de Hongrie. Dans cet herbier,
Dodonée s'attache avant tout aux plantes de notre pays dont, le
premier, il établit la classification.
6. Gérard Mercator (1512-1594), par Louis Van Biesbroeck.
Gérard s'appelait de son nom flamand De Cremer. Il acquit
une grande réputation comme géographe, cosmographe et mathématicien.
Le personnage tient une mappemonde et un instrument de précision.
7. Jean de Locquenghien (1518-1574), par Godefroid Van de Kerckhove.
Bourgmestre et amman de la ville de Bruxelles,
où il naquit le 27 janvier 1518, Locquenghien prit une part active
à la construction du canal de Willebroeck.
8. Bernard Van Orley (1491-1542), par Julien Dillens.
Peintre célèbre de Bruxelles, qui visita l'Italie et travailla
sous l'influence de la Renaissance.
9. Abraham Ortelius (1527-1598), par Jef Lambeaux, Célèbre
géographe, publia le premier atlas de géographie du monde
connu à son époque: le Theatrum Orbis Terrae 1579).
10. Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde (1538-1598), par
Paul De Vigne. Diplomate, écrivain et philosophe, Marnix se
fit l'apôtre de la liberté de pensée. On a dit,
et avec raison, que le Taciturne fut la tête et le bras de la lutte
gigantesque entreprise contre I'Espagne et que Marnix en fut l'âme
et l'idée.
Pendant la belle saison, on visitera le square du Petit Sablon de préférence
le matin, alors que l'hémicycle du fond est délicieusement
ombragé. On y fera revivre par le souvenir le XVIe
siècle et les hommes qui l'ont illustré, devant la maison
même du comte d'Egmont, le palais d'Arenberg ou d'Egmont, et à
deux pas de l'hôtel de Culembourg qui s'élevait sur l'emplacement
de la caserne des grenadiers (angle de la rue des Petits Carmes et de la
rue du Pépin). Cet hôtel fut rasé par ordre du
duc d'Albe pour avoir abrité les seigneurs belges qui y signèrent
le compromis des nobles.
photo Thierry Willemsen
Lors de l'inauguration du square, le 20 juillet 1890, Charles Buls,
alors bourgmestre, a synthétisé en des termes éloquents
l'oeuvre de libération intellectuelle, religieuse et politique,
accomplie par les hommes dont les statues entourent, comme d'un cercle
d'honneur, les figures vénérées des comtes d'Egmont
et de Hornes.
Au haut du square s'élève le Palais d'Arenberg ou d'Egmont,
que la Ville acquit en 1918 et qui héberge aujourd’hui les Affaires
étrangères. |