| la rue de Rollebeek | ![]() |
Les maisons sises au 7 et au 9 de la rue de Rollebeek constituent un
exemple
d'architecture bourgeoise pittoresque au centre de Bruxelles. Entièrement
restauré et reconstruit en 1961 par les architectes Rombaux
et Lessinne,
cet ensemble est constitué de quatre volumes de construction
:
* une large maisonnette dans la cour intérieure abritant le restaurant
"L'Estrille du Vieux Bruxelles" (avec un arrière-corps
de deux niveaux
profondément modifié ; de nombreux éléments
de façade ne sont plus d'époque
mais les trois caves voûtées sont intéressantes)
* une maisonnette à pignon à redent du côté
rue (n° 7) : façade en briques et
socle en grès, toit en bâtière, trous de boulin,
ancres en forme de lilas,
portail baroque (italo-flamand - XVIIe) en pierre bleue
avec pierres d'appui,
voussoir couronné de volutes en grès et sommet en forme
de vase
(un étage avec cave et grenier)
* une maisonnette à pignon à redent du côté
rue (n° 9) : façade moulurée en
briques et socle en grès, ancres en forme de lilas, pignon dentelé,
poutraison originale malgré les profondes transformations de
l'intérieur,
cave voûtée avec éléments d'origine (un
étage avec cave et grenier)
* le volume se trouvant dans le prolongement du n° 11
© 2002 photos Yvan Mayne
La rue de Rollebeek monte rapidement de l'altitude de 39 m (rue Haute)
vers le Sablon (45 m).
Elle est sinueuse: c'est qu'elle suit le tracé du ruisseau qui
jadis dévalait du Sablon vers la rue des Alexiens; le nom du Rollebeek
lui est resté. Elle longe l'ancien rempart de la première
enceinte de Bruxelles (XXXIe). Les numéros 7 et 9 se
situent dans la courbe de la rue et l'épousent, ce qui est exceptionnel.
En dépit des rénovations profondes, ces maisons pittoresques,
témoins d'un riche passé,
continuent de présenter un réel intérêt
à de nombreux niveaux, tant historiques
qu'architecturaux et la Région de Bruxelles-Capitale se
devait de procéder à leur classement
comme ensemble en janvier 2002. Cette mesure de protection possède
aussi le grand avantage
de préserver l'homogénéité esthétique
de la rue comme l'a souligné Willem Draps.

C'est dans cette rue que se trouvait le couvent des Lorraines, aujourd'hui
démoli. Dans la cour intérieure de l'école communale
élevée sur cet emplacement,
la tour Anneessens de la première enceinte. C'était
une dépendance de la
Steenporte avec laquelle elle communiquait par un étroit
passage. Le tout
servait de prison et c'est sans doute là qu'Anneessens fut enfermé.
La valeur folklorique des lieux est également indéniable
puisqu'il semble que
"L'Estrille" soit une des plus anciennes auberges de Bruxelles
: aire de
repos pour les messagers à cheval (d'où le nom qui signifie
"peigne à
chevaux "), bistrot typique où artistes, écrivains et
politiciens se
rencontrèrent durant tout le XIXe siècle et
où divers cercles tenaient
leurs réunions, dont Le journal des Tribunaux et le Journal
des Poètes.
Plus récemment l'immeuble fut loué par le poète
et acteur Charles Kleinberg, qui
y organisait Les Lundis de l'Estrille.
La rue des Alexiens était à l'origine le marécage
dans lequel se déversait le
Rollebeek.
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