Vieux plan: remarquez l'avenue des Nations et le dépot de trams...
le square des milliardaires

 
 
A la fin de l'avenue Louse, avant d'entrer dans le bois de la Cambre, vous avez, à votre droite, derrière la sculpture des "Cavaliers luttants" (Jacques de Lalaing - 1906) une série de grilles noires. Erigées, avec deux portes, devant un clos, une rue pavée et un grand arbre, un maronnier classé au fond de cette impasse de luxe.
Elle protègent le square du Bois, aujourd'hui faisant partie de l'avenue Louise prolongée (exactement du n° 535 au n° 587), mieux connu des Bruxellois sous le nom de "Square des Milliardaires" (à l'époque du franc belge). Dénommé aussi "Square des Millionaires" depuis l'introduction de l'euro le 1er janvier 2002.
C'est une copropriété, un petit village, où la rue, les trottoirs, les réverbères, les égouts figurent dans le patrimoine commun des habitants des demeures seigneurales du clos régis par un règlement de servitude (1920). La voierie est privée et son entretien est partagé entre les propriétaires, au prorata de leurs mètres de façade. Il y a, cachée, toute une structure en béton armé qui commence à poser problèmes...
les grilles d'accès au square des milliardaires  © 2005 T. Willemsens
A l'origine, c'est un terrain appartenant à l'industriel Joseph Tasson qui y avait établi une maison de campagne (en noir, sur ce vieux . A son décès, la propriété fut lotie en 1913, avec des règles strictes: il faut que chaque habitant du square soit d'occupation honorable et bourgeoise. Toute activité commerciale y est prohibée.
En noir, sur ce vieux plan, 
la maison de J. Tasson

 

Certians habitants sont (ou étaient) fort connus. Quelques noms dans le désordre: Lord Carrington, secrétaire général de l'OTAN; Jacqueline Vastapane, veuve du roi de l'apéritif; Manfred Wörner de l'OTAN; le chevalier François Xavier de Donnea, bourgmestre de Bruxelles, Gilbert Périer de la Sabena, Lucien Boël; le comte Lippens, la famille Coppée; le captain Townsend; ..
A noter que, pendant des années, Jacques Delors, a habité juste en face, au n° 534.

 
De 1954 à 1956, Paul Delvaux, adepte de l'improvisation picturale, décorera les murs du n° 573, y peignant ses femmes hiératiques sur fond de décor antique.
Et ce à la demande de Gilbert Périer, patron de la Sabena.
L'immeuble a été acquit par Mme Margareth Krebs, veuve d'un médecin suisse grand collectionneur de tableaux. Elle est décédée en mai 1995 en exprimant le souhait de voir le n° 573 transformé en musée ouvert à tous...
En attendant, la totalité du salon abritant des peintures murales exécutées par Paul Delvaux et faisant partie de l'ancienne Maison Périer sise avenue Louise, n· 573 à Bruxelles a été classée par un Arrêté du 27 mars 1997..


 

la face cachée du square du Bois
La surface horizontale que l'on peut voir aujourd'hui dominée 
par le grand châtaignier cache toute une structure établie en
béton armé lors du lotissement des lieux juste avant la guerre...
C'est l'exploitation de carrières par l'Abbaye de la Cambre qui est à l'origine articielle des vallons du Bois.
Un splendide châtaignier (Castanea sativa) d’environ 20 m de hauteur et de 297 cm de circonférence est situé au bout du square.Sa base se trouve à ± 1,50 m en dessous du niveau du sol, dans une vasque en béton aménagée il y a plusieurs dizaines d'années. Son tronc touche actuellement le bord de la fosse qui aurait besoin d’être élargie afin de permettre à l’arbre (classé) de survivre !
Tous les immeubles sont précédés d'un jardinet. Deux gaines 
techniques suspendues (eau, gaz, électricité et égoûts) parcourent
le square. L'énorme vasque et toute la surface pavée sont 
supportées par toute une structure en béton armé qui mériterait
beaucoup plus d'attention, car elle vieillit mal et que les fers à
béton ont rouillé au fil du temps. 
Un camion citerne trop chargé pourrait faire bien des dégâts...
Cette structure souterraine bien particulière était évidemment la hantise des services de sécurité de l'OTAN lorsque son secrétaire général était habitant des lieux. 

 
 
Juste avant l'entrée du square, à gauche, subsistait l'une des plus anciennes pissotières publiques ( = urinoir) en plein air de la Ville, fort utilisées par les gendarmes qui assurraient la sécurité de l'immeuble loué par l'OTAN. Elle a été rasée depuis et on a créé à son emplacement le chemin des Arroches (plante à feuilles triangulaires).

Il reste toujours un terrain à bâtir, dans le fond, à gauche. Avis aux amateurs (fortunés) !

   photo © 2005  Thierry Willemsens
 
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