avenue Louise

 
 
La belle promenade, qui réunit la 
Ville au Bois de la Cambre, fut créée
à la suite de la cession à Bruxelles,
par la loi du 21 avril 1864, d'une 
longue bande de terrain qui faisait 
partie du territoire d'Ixelles et de Saint-Gilles.  Déjà, auparavant, on 
avait établi une amorce, lorsqu'on
aménagea, vers 1840, les abords de
la Porte Louise.  On construisit 
alors une place hexagone, et dans
l'axe de celle-ci une rue qui 
s'arrêtait à la Place Stéphanie, 
à peu près à l'endroit où commence
la Chaussée de Charleroi.


 
 
 
Un peu d'histoire

Léopold II (1835-1909) convole le 22 août 1853 avec l'Archiduchesse Marie-Henriette d'Autriche (1836-1902).
Ce qui donnera...
  • Louise (1858-1924)
  • Léopold (1859-1869)
  • Stéphanie (1864-1945)
  • Clémentine (1872-1955)

 

XL Nord -  Porte de Namur - Porte Louise - boulevard de Waterloo - avenue de la Toisson d'Or

le gros problème du goulet Louise, entre la place Louise
et la place Stéphanie est évoqué ici

Au XIXe siècle, toutes les grandes capitales avaient leur promenade publique mais Bruxelles en était encore dépourvue.  Mais le Bois attirait déjà les Bruxellois, qui y organisaient des excursions de famille et des pique-niques. Ils s'y rendaient par des chemins accidentés et ravinés, escaladant des coteaux pittoresques, traversant des petits vallons sablonneux et arides.
En 1847 surgit l'idée de réunir la Ville au Bois de la Cambre par une voie droite, d'aspect monumental, qui continuerait dans des proportions plus vastes le petit tronçon existant entre la place Louise et la place Stéphanie (aujourd’hui connu sous le nom de goulet Louise).
Le projet rencontra de grandes difficultés de la part de l'Etat qui ne voulait pas accorder les subsides demandés par les communes limitrophes qui hésitaient à céder le terrain nécessaire. L'idée, malgré tout, fit son chemin.  La presse s'en mêla.  Des projets divers furent mis en avant par Cluysenaer et Carton de Wiart, En 1856, l'idée fut reprise.  Un plan fut soumis au Conseil communal, mais la question fut ajournée.  Cependant lé problème commençait à passionner l'opinion publique.  Les princes d'Aremberg, le comte d'Oultremont, le marquis de Rhodes, entre autres, s'intéressèrent à sa solution.  Le duc de Brabant en entretint le Sénat.  Le 27 janvier 1857, cinquante notables de l'agglomération se constituaient en commission sous la présidence du bourgmestre, Charles de Brouckère.  Tout d'abord, on adopta le projet de Le Hardy de Beaulieu.  On finit par se rallier à celui de De Joncker qui consentit à abandonner une partie des terrains nécessaires à la réalisation de l'entreprise, projet De Joncker qui fut modifié dans la suite par l'ingénieur Carez.  La commune d'Ixelles s'obstinait malheureusement dans son attitude hostile.  Elle se plaignait des tendances envahissantes de la Capitale ! Saint-Gilles, au contraire, non seulement consentit à une incorporation partielle, mais décida, à l'unanimité des membres du Conseil communal, qu'il y avait lieu d'annexer la totalité de la commune à la Capitale : « attendu qu’il est de l'intérêt des communes suburbaines de voir prendre à la Capitale une forme et des proportions dignes du pays, et de voir réaliser, par une seule administration, dans des vues d'ensemble et de grandeur, les éléments du développement successif de l'agglomération qui constitue dès aujourd'hui, en fait, la Capitale de la Belgique ».
Survint la loi du 21 avril 1864, qui régla enfin définitivement la question.  Elle décréta l'annexion à la Ville de Bruxelles du bois de la Cambre, de l'avenue Louise et des ses zones latérales.
Le terrain cédé fut nivelé.  Les coteaux et les mameIons de sable disparurent.  Une superbe avenue fut tracée, qui fut appelée l'Avenue Louise, en souvenir de la fille aînée de Léopold Il.  Elle deviendra une grande promenade mondaine, au détriment de l'Allée Verte.

 
les arbres de l'avenue Louise
Phoenix 44 de Strebelle
Phoenix 44 de Strebelle
A titre exceptionnel, toute l"avenue
Louise possède le code postal
B-1050
L'Avenue commence de facto Place Stéphanie, ainsi nommée du nom de la. deuxième fille de Léopold Il, la princesse Stéphanie, qui épousa, le 10 mai 1881 l'archiduc Rodolphe d'Autriche.  Aux angles de cette place se dressaient deux hôtels surmontés d'un dôme, qui y furent construits, en 1873, sur les plans de l'architecte Henri Maquet. Ils sont aujourd’hui remplacés par deux immeubles modernes. Celui de gauche, en regardant vers le Bois, hébergeant jusqu’en 2005 plusieurs Cabinets de la Région de Bruxelles-Capitale depuis sa création.

L'avenue est à l’origine bordée de belles maisons et plantée de deux allées de marronniers, l'une réservée aux piétons, l'autre aux cavaliers. 

Plusieurs tunnels occupent aujourd’hui la partie centrale tandis que les tramways circulent à droite. Quelques tours ont été construites.

Au n° 149, la “tour Louise » (dite Generali) en 1967 fait 149 m. Après la chaussée de Vleurgat, à gauche, la «Blue Tower» au n° 326  (1973)

Au fond de la rue du Bailli,  on aperçoit la façade de l'ancienne église des Augustins qui se trouvait jadis Place de Brouckère. Toute cette façade est un écran posé devant un vaisseau à trois nefs. C'est un placage sur la nouvelle église de la Trinité qui sera vraisemblablement rouverte en 2006. 

Au n° 224, voir l’hôtel Solvay de Victor Horta (1894). Cfr Art Nouveau.

Au rond-point, l'avenue s'élargit et aboutit à l'entrée du Bois.  Cette dernière partie est ornée de différents groupes de sculpture.  Au rond-point même, se détachant sur le fond du Jardin du Roi qui se trouve en contre-bas, un magnifique groupe en bronze par Charles Van der Stappen, daté de 1892.  Il représente Ompdrailles, le Tombeau des Lutteurs ; le groupe commémore l'histoire d'un carrier qui devint lutteur.
Tout jeune encore, à sa première descente dans l'arène, il tomba trois de ses plus vigoureux et habiles adversaires, dont un noir taillé en colosse.  Le peuple le décora du surnom de « Tombeau des Lutteurs ». Plus tard, se trouvant affaibli par un âge plus avancé et des excès de toute nature, il ne put survivre à la perspective d'être bientôt vaincu lui-même et se suicida.  Le statuaire nous montre Ompdrailles peu d'instants après le suicide « au moment où l'Ours du Nord, son ancien rival, le tenant pieusement sous les aisselles, l'offre à la rnuette adoration de la foule ».

Le rond-point accueille le « Phœnix 44 » de Strebelle, initialement prévu à l’entrée du bois.

Au rond-point également, adossé au parterre de verdure, du côté du Bois, le monument élevé à. la gloire de Camille Lemonnier, inauguré le 29 octobre 1922, oeuvré de P. Braecke. Ce monument a été déplacé.

Pendant la 2° guerre mondiale, la Gestapo avait installé son quartier général au n° 453, un immeuble de Stanislas Jasinski, élève du maître Victor Horta.

Le 20 janvier 1943, un aviateur belge,   Jean de Selys Longchamps, à bord d'un Hawker Typhoon est parvenu à attaquer ce bâtiment au canon de 20 mm 

Une statue dorée commémore cet exploit qui, à l’époque, a remonté le moral des Bruxellois vivants sous l’occupation

site www dédié à l"avenue

Un peu plus loin, le Monument Buls-De Mot, inauguré le 30 juin 1928.  Groupe symbolique par Rousseau; architecture par Van Neck.

Plus loin encore, l'Esclave repris par les chiens, exécuté par Samain en 1897.  Un noir enchaîné, fuyant avec son fils, est attaqué par deux chiens, qu'on a lancé sur leurs traces et qui lui labourent les cuisses de leurs crocs.  Sujet inspiré par la lecture de Miss Harriett Beecher Stowe, Uncle Tom's Cabine, 1852. (La Case de l'oncle Tom), dans lequel l'auteur dépeignit, avec tant de cœur, les souffrances et les angoisses des nègres
de l’époque. 

Au n° 480, la fameuse « tour ITT » (1973) qui, de ses 100 m de hauteur,  culmine l’abbaye de la Cambre ! Voulue corps et âme par M. Paul Van den Boeynants, elle se devait être ‘transparente’…  Abandonnée par la firme ITT depuis belle lurette, elle en conserve quand même le nom !
Au n° 500, la « Maison des Entreprises »
A droite, juste avant le Bois (où se trouvait l’une des dernières pissotières publiques (urinoir) un enclos privé, créé en 1920, mal connu des Bruxellois sous le nom de « square des Milliardaires » à l’époque du franc belge !
Devant cet espace privatif, le groupe "Lutte de cavaliers" (1885) de Jacques de  Lalaing (1858-1917).

Lutte de cavaliers Modifiée en 1910 pour l’Exposition universelle, l’avenue Louise deviendra un égout à voiture avec le percement des tunnels à la fin des années 1955 pour absorber le trafic de l’Exposition internationale et universelle de Bruxelles 1958.

Plusieurs projets de rénovation générale de cette ex- prestigieuse avenue sont à l’étude au XXIe siècle.
 
 

© 2006  photo Thierry Willemsen

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