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belle promenade, qui réunit la
Ville au Bois de la Cambre, fut créée à la suite de la cession à Bruxelles, par la loi du 21 avril 1864, d'une longue bande de terrain qui faisait partie du territoire d'Ixelles et de Saint-Gilles. Déjà, auparavant, on avait établi une amorce, lorsqu'on aménagea, vers 1840, les abords de la Porte Louise. On construisit alors une place hexagone, et dans l'axe de celle-ci une rue qui s'arrêtait à la Place Stéphanie, à peu près à l'endroit où commence la Chaussée de Charleroi.
le gros problème du goulet
Louise, entre la place Louise
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Au XIXe siècle, toutes les grandes capitales avaient
leur promenade publique mais Bruxelles en était encore dépourvue.
Mais le Bois attirait déjà les Bruxellois, qui y organisaient
des excursions de famille et des pique-niques. Ils s'y rendaient par des
chemins accidentés et ravinés, escaladant des coteaux pittoresques,
traversant des petits vallons sablonneux et arides.
En 1847 surgit l'idée de réunir la Ville au Bois de la Cambre par une voie droite, d'aspect monumental, qui continuerait dans des proportions plus vastes le petit tronçon existant entre la place Louise et la place Stéphanie (aujourd’hui connu sous le nom de goulet Louise). Le projet rencontra de grandes difficultés de la part de l'Etat qui ne voulait pas accorder les subsides demandés par les communes limitrophes qui hésitaient à céder le terrain nécessaire. L'idée, malgré tout, fit son chemin. La presse s'en mêla. Des projets divers furent mis en avant par Cluysenaer et Carton de Wiart, En 1856, l'idée fut reprise. Un plan fut soumis au Conseil communal, mais la question fut ajournée. Cependant lé problème commençait à passionner l'opinion publique. Les princes d'Aremberg, le comte d'Oultremont, le marquis de Rhodes, entre autres, s'intéressèrent à sa solution. Le duc de Brabant en entretint le Sénat. Le 27 janvier 1857, cinquante notables de l'agglomération se constituaient en commission sous la présidence du bourgmestre, Charles de Brouckère. Tout d'abord, on adopta le projet de Le Hardy de Beaulieu. On finit par se rallier à celui de De Joncker qui consentit à abandonner une partie des terrains nécessaires à la réalisation de l'entreprise, projet De Joncker qui fut modifié dans la suite par l'ingénieur Carez. La commune d'Ixelles s'obstinait malheureusement dans son attitude hostile. Elle se plaignait des tendances envahissantes de la Capitale ! Saint-Gilles, au contraire, non seulement consentit à une incorporation partielle, mais décida, à l'unanimité des membres du Conseil communal, qu'il y avait lieu d'annexer la totalité de la commune à la Capitale : « attendu qu’il est de l'intérêt des communes suburbaines de voir prendre à la Capitale une forme et des proportions dignes du pays, et de voir réaliser, par une seule administration, dans des vues d'ensemble et de grandeur, les éléments du développement successif de l'agglomération qui constitue dès aujourd'hui, en fait, la Capitale de la Belgique ». Survint la loi du 21 avril 1864, qui régla enfin définitivement la question. Elle décréta l'annexion à la Ville de Bruxelles du bois de la Cambre, de l'avenue Louise et des ses zones latérales. Le terrain cédé fut nivelé. Les coteaux et les mameIons de sable disparurent. Une superbe avenue fut tracée, qui fut appelée l'Avenue Louise, en souvenir de la fille aînée de Léopold Il. Elle deviendra une grande promenade mondaine, au détriment de l'Allée Verte. |
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L'Avenue commence de facto Place Stéphanie, ainsi nommée
du nom de la. deuxième fille de Léopold Il, la princesse
Stéphanie, qui épousa, le 10 mai 1881 l'archiduc Rodolphe
d'Autriche. Aux angles de cette place se dressaient deux hôtels
surmontés d'un dôme, qui y furent construits, en 1873, sur
les plans de l'architecte Henri Maquet. Ils sont aujourd’hui remplacés
par deux immeubles modernes. Celui de gauche, en regardant vers le Bois,
hébergeant jusqu’en 2005 plusieurs Cabinets de la Région
de Bruxelles-Capitale depuis sa création.
L'avenue est à l’origine bordée de belles maisons et plantée de deux allées de marronniers, l'une réservée aux piétons, l'autre aux cavaliers. Plusieurs tunnels occupent aujourd’hui la partie centrale tandis que les tramways circulent à droite. Quelques tours ont été construites. Au n° 149, la “tour Louise » (dite Generali) en 1967 fait 149 m. Après la chaussée de Vleurgat, à gauche, la «Blue Tower» au n° 326 (1973) Au fond de la rue du Bailli, on aperçoit la façade de l'ancienne église des Augustins qui se trouvait jadis Place de Brouckère. Toute cette façade est un écran posé devant un vaisseau à trois nefs. C'est un placage sur la nouvelle église de la Trinité qui sera vraisemblablement rouverte en 2006. Au n° 224, voir l’hôtel Solvay de Victor Horta (1894). Cfr Art Nouveau. Au rond-point, l'avenue s'élargit et aboutit à l'entrée
du Bois. Cette dernière partie
est ornée de différents groupes de sculpture. Au rond-point
même, se détachant sur le fond du Jardin du Roi qui se trouve
en contre-bas, un magnifique groupe en bronze par Charles Van der Stappen,
daté de 1892. Il représente Ompdrailles, le Tombeau
des Lutteurs ; le groupe commémore l'histoire d'un carrier qui devint
lutteur.
Le rond-point accueille le « Phœnix 44 » de Strebelle, initialement prévu à l’entrée du bois. Au rond-point également, adossé au parterre de verdure, du côté du Bois, le monument élevé à. la gloire de Camille Lemonnier, inauguré le 29 octobre 1922, oeuvré de P. Braecke. Ce monument a été déplacé. |
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Un peu plus loin, le Monument Buls-De Mot, inauguré le 30 juin 1928. Groupe symbolique par Rousseau; architecture par Van Neck. Plus loin encore, l'Esclave repris par les chiens, exécuté
par Samain en 1897. Un noir enchaîné, fuyant avec son
fils, est attaqué par deux chiens, qu'on a lancé sur leurs
traces et qui lui labourent les cuisses de leurs crocs. Sujet inspiré
par la lecture de Miss Harriett Beecher Stowe, Uncle Tom's Cabine, 1852.
(La Case de l'oncle Tom), dans lequel l'auteur dépeignit, avec tant
de cœur, les souffrances et les angoisses des nègres
Au n° 480, la fameuse « tour ITT » (1973) qui, de ses
100 m de hauteur, culmine l’abbaye de la Cambre ! Voulue corps et
âme par M. Paul Van den Boeynants, elle se devait être ‘transparente’…
Abandonnée par la firme ITT depuis belle lurette, elle en conserve
quand même le nom !
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Modifiée en 1910 pour l’Exposition universelle, l’avenue Louise
deviendra un égout à voiture avec le percement des tunnels
à la fin des années 1955 pour absorber le trafic de l’Exposition
internationale et universelle de Bruxelles 1958.
Plusieurs projets de rénovation générale de cette
ex- prestigieuse avenue sont à l’étude au XXIe
siècle.
© 2006 photo Thierry Willemsen |
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