Les jardinets bruxellois
  
. C'est l'un des charmes bruxellois que l'on ne remarque pas tout de suite...

En dehors des parcs et des jardins privés, plusieurs rues et avenues de la Région de Bruxelles-Capitale possèdent également des jardinets privés mais publics, car situés en façade !

Au fil du temps, hélas, plusieurs se transforment en parking ± sauvage !

Mais le phénomène devrait pouvoir s'enrayer.

La problématique des jardinets de façade (zones de recul, en termes administratifs)
aménagées en parking a déjà fait coulé beaucoup d’encre en Région de Bruxelles-Capitale.
Il s’agit en effet d’un sujet qui, sous des apparences anodines, recouvre de nombreux aspects.

Sans rentrer dans les détails, il est clair qu’aujourd’hui (depuis 1992), de tels aménagements sont soumis à un permis d'urbanisme préalable, et ce pour deux motifs :

L’intention du Gouvernement est 
d’interdire désormais ce genre 
d’aménagements et de n’accorder 
de dérogation qu’à titre exceptionnel 
et seulement s’il existe des motifs 
légitimes de le faire.
Willem Draps

Le Règlement Régional d'Urbanisme, en vigueur depuis le 1er janvier 2000, précise à ce sujet, que la zone de recul « ne peut être transformée en espace de stationnement ni être recouverte de matériaux imperméables sauf en ce qui concerne les accès aux portes d’entrée et de garage, à moins qu’un règlement communal d’urbanisme ou un règlement zoné ne l’autorise et n’en détermine les conditions. » (Titre I, article 11). 
Donc, à moins qu’un règlement zoné local ne le permette explicitement, un tel aménagement ne peut être admis que moyennant l’obtention d’un permis d’urbanisme qui accorde explicitement une dérogation à ce règlement.  La commune doit, pour pouvoir accorder cette dérogation, demander explicitement et obtenir l’accord du
fonctionnaire délégué de la Région de Bruxelles-Capitale. 
Ces règles n’ont malheureusement pas toujours existé.  Si l’aménagement incriminé a été réalisé à une période où aucune autorisation n’était requise ou s’il a obtenu les autorisations qui étaient requises à l’époque, il ne peut être contesté.  Ainsi, bien que la plupart des règlements communaux sur les bâtisses interdisait déjà ce genre d’aménagements, bien avant l’entrée en vigueur de ce Règlement Régional
d'Urbanisme, de nombreuses autorisations ont néanmoins été accordées au cours du temps par les communes concernées. 

En ce qui concerne les aménagements qui se feraient aujourd’hui ou ceux qui se seraient faits dans le passé, sans l’autorisation requise, il y a infraction urbanistique. 
Dans ce cas, il appartient à la commune de constater l’infraction et de mettre le
contrevenant en demeure de régulariser la situation, soit en obtenant le permis
d'urbanisme et la dérogation requise, soit en remettant les lieux dans leur état d’origine. 
Cela prend peut-être du temps, mais est en tout cas dissuasif, surtout si une issue favorable est hautement improbable.  Voilà pour le « bâton ». 

En ce qui concerne la « carotte », pour encourager ou récompenser des réalisations
particulièrement réussies, plusieurs communes ont déjà mis en œuvre des systèmes de primes, concours ou mises en valeur des jardinets de façade.  A ce titre, j’ai préféré mettre l’accent sur une protection du patrimoine remarquable, auquel participent de nombreuses zones de recul.  Je vous rappelle à ce sujet que les travaux relatifs à un bien classé sont très largement subsidiés par la Région, ce qui constitue évidemment un incitant à l’embellissement de ces jardinets.
Willem Draps


 
 
 
 
 


 
 
 


à voir avenue Franklin Delano Roosevelt
53 l'un des plus jolis jardins... 

photos Thierry Willemsen - aide rédactionnelle Mme Géraldine VANDEPUTTE
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