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Les
sentiers de l'Europe "

le projet primé ^ ilôt Stévin
| C'est en décembre 1997 que le ministre
H. Hasquin (Région de Bruxelles-Capitale) et le commissaire
Erkki Liikanen (Commission européenne) lancent, sous le nom
"Les
Sentiers de l'Europe" un concours international d'architecture visant
à l'aménagement final du quartier euro-international de Bruxelles
1047, 1048, 1049.
La commission cofinance le concours mais les travaux seront à charge de l'État fédéral belge et de la Région de Bruxelles-Capitale: on les estime à 675 000 000 d'euros... On compte 125 participants originaires de 11 pays. En avril 1998, c'est l'association AUKETT
(GB) et ART & BUILD (B) qui remporte le
concours, en collaboration avec EO Design
(B) et Concepto (F).
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L'architecte René Mathy, classé troisième, introduira en novembre 1998 un recours en annulation au Conseil d'État en invoquant le non respect des directives européennes et des lois belges et en dénoncant la non indépendance d'un jury comprenant trois membres curieusement "liés" aux deux premiers lauréats... Une plainte a également été déposée auprès de l'Office européen de lutte antifraude, le jury (où 9 belges dont M. Hasquin siégaient au second tour !) ne présentant point les caractéristiques d'indépendance requises par la législation en vigueur. La Commission, de son côté, a engagé une procédure d'infraction pour violation de l'art. 13 (relatif à l'anonymat des concours) de la directive 92/50/CEE du Conseil du 18 juin 1992. Le pouvoir adjudicataire, en l'occurrence la Région de Bruxelles-Capitale, peut se préparer à verser de très lourdes indemnités aux candidats évincés... La Commission a fixé au 14 juillet 2001 la date limite à laquelle la Région doit reconnaître ses irrégularités. |
| Le 18 mai 2000, le secrétaire d'Etat à l'urbanisme a rappelé au Parlement bruxellois que le PRAS prévoit dans ce secteur trois zones administratives totalisant 134 000 m² et que rien ne se fera en dehors avant qu'elles ne soient entièrement réalisées. |
| Christophe Schoune, journaliste au journal "Le Soir" a particulièrement suivi toute cette saga.Voici ce qu'il écrivait le 25 avril 2008 |
| ...une décennie après avoir manqué de pouvoir redessiner le quartier
européen à Bruxelles, René Mathy n’a rien perdu de sa détermination à
faire entendre justice. Et quelle détermination ! Sans avocat, seul au
combat, cet architecte vient de gagner une nouvelle bataille contre
l’État belge, condamné (le 24-4-2008)par la Cour européenne des droits de
l’homme de Strasbourg pour sa lenteur dans l’affaire des Sentiers de
l’Europe. Promu en 1997 par Hervé Hasquin, ce
concours international avait l’ambition de retisser un fil dans le
quartier européen déstructuré par des décennies de béton. (cfr ci-dessus) Troisième lauréat, René Mathy dénonce alors la mascarade trouble des autorités bruxelloises.Après une enquête minutieuse, l’homme établit des liens économiques étroits entre plusieurs membres du jury et les deux premiers lauréats. Et il laisse apparaître le manque préjudiciable d’indépendance d’un jury qui, tour à tour, a rompu la règle de l’anonymat lors des votes et n’a pas respecté les critères d’évaluation édictés dans le règlement du concours. C’est du costaud. Et la Commission européenne – mal prise, car elle est partie prenante de ce projet – somme la Belgique d’annuler les résultats de ce concours litigieux, pour non-respect de la directive sur les marchés publics et les services. Nous sommes alors en 2001. Le successeur d’Hervé Hasquin s’exécute pour dénoncer le contrat passé avec le premier lauréat Aukett/ Art & Build. Mais il faudra cependant attendre 2006 avant que le Conseil d’Etat juge… irrecevable la demande en annulation du concours introduite dès 1998 ! Entre-temps, l’auditeur du Conseil d’État aura reconnu « la faiblesse des moyens » pour traiter ce dossier dans les délais. Que dire alors de la procédure en dommages et intérêts introduite en 2000 par l’architecte contre la Région bruxelloise ? Elle ne devrait pas être plaidée au civil avant 2009… Presque placide, René Mathy réagit avec calme face à l’arrêt de la Cour européenne : « C’est parfait, commente-t-il. Strasbourg a condamné l’État belge pour sa lenteur. Il est temps que le gouvernement donne les moyens à la justice de fonctionner correctement. Si j’ai été jusque-là, c’est bien parce que je ne me sentais pas respecté en tant qu’homme et en tant que citoyen. Quand un magistrat reconnaît par écrit qu’il n’a pas les moyens de traiter votre dossier, c’est qu’il y a un problème de fond dans une démocratie… » Les rouages de la justice, l’homme les connaît pour avoir fréquenté les tribunaux bruxellois comme expert judiciaire pendant trente ans. Sans cette expertise, René Mathy concède qu’il lui aurait été difficile de partir seul sur les sentiers de Strasbourg : « Je ne nourris aucune amertume contre les magistrats, que ce soit bien clair, dit-il. Il s’agit bien d’un problème politique. Allez voir les locaux infâmes du greffe de première instance à Bruxelles ! Comment la justice peut-elle être rendue sereinement dans de telles conditions de travail ? » Bruxelles ? L’homme, qui a désormais établi ses pénates en Normandie, y revient une fois par semaine. Et constate avec une forme de dépit mâtiné d’agacement l’aspect quasiment inchangé du quartier européen, hormis le lifting du Berlaymont. « Mon projet, intimiste, donnait la primauté à l’humain avec des cheminements piétons, la verdurisation de la rue de la Loi. Quand je vois ce quartier aujourd’hui, j’éprouve une profonde tristesse. Quel gâchis. On a fait 2 ou 3 petites choses, mais il n’y a aucune vision globale. La grande erreur dans cette histoire, c’est d’avoir orienté le développement de ce quartier européen dans la seule perspective immobilière. Il faut être moins orgueilleux pour redonner de l’humanité à ce pan de ville… » Du rond-point Schuman, où il avait imaginé un globe faisant scintiller les capitales européennes, l’homme rêvait de faire cheminer l’histoire de l’Europe au long d’une promenade chevauchant la voie ferrée. L’eau occupait une place centrale dans ses plans, à l’instar de cette Goutte d’eau, un projet de bâtiment en forme sphérique que René Mathy souhaiterait dédier, quelque part dans le monde, à la gestion de l’eau. ... |
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